Mes colibris sont nés en l'absence de leur maman qui a deserté le nid après qu'Izac ait trafiqué sous ma terrasse, pour mémoire, c'était juste deux tic-tac :
Mes colibris !
Aujourd'hui, à mon retour de chez ma dentiste où j'ai souffert le martyre, je suis descendu sous ma terrasse comme chaque jour pour voir mes tic-tac, et au lieu de tic-tac blancs, il y avait deux ombres sombres dans le nid. Je suis remonté chercher ma lampe de poche et en éclairant, j'ai vu que c'était eux : les bébés colibris, et ils bougeaient...
En l'absence de la maman colibri, j'ai coupé la branche pour les remonter chez moi et me transformer en maman colibri... ?!?? Le problème, c'est que c'est hyper-fragile, mais ils ont l'air de tenir bon jusqu'à maintenant, après 3 heure de découverte. J'ai demandé à l'intelligence artificielle (pour une fois qu'elle sert à quelque chose) comment nourrir des bébés colibris, et il faut une seringue... Ni une ni deux, j'ai foncé chez mon copain pharmacien pour lui demander une seringue comme un drogué (non, je lui ai expliqué vite fait le problème), et il m'a donné le nécessaire.
Alors c'est vraiment très compliqué parce qu'ils sont si petits. L'IA dit que le premier jour, il faut donner de l'eau sucrée, et j'ai réussi à leur donner. Mais l'IA dit aussi qu'il faut les alimenter toutes les 15 à 30 minutes, donc jolie nuit en perspective... Le deuxième jour il faut déjà ajouter des nutriments du genre oligo-élément ou acides aminés ou je ne sais pas quoi, j'en suis pas encore au deuxième jour, mais ce serait un miracle s'ils survivent.
Les voilà, je ne leur ai pas encore donné de noms, mais ils sont tous les deux en vie, pour l'instant, et ça a évacué tous les autres soucis du jour. Je suis au taquet !
Là je les ai envellopé dans de la ouatte en guise de couveuse, mais je flippe, la maison est devenue non fumeur, je leur mets du Mozart (ça m'a l'air d'être le plus sûr de tous), et ils sont si minuscules qu'il faut leur donner à boire non seulement avec l'aiguille de la seringue, mais il faut en plus orienter le trou de l'aiguille vers leur bec !
Et je dois déjà arrêter d'écrire parce qu'ils occupent vraiment toute mon attention et ça fait 15 minutes que j'ai commencé à écrire cette actualité, je mettrai des photos au fur et à mesure de leur croissance si j'arrive à les maintenir en vie, ce qui ne semble pas possible sans maman colibri ou au moins un type super habitué aux petits oiseaux. Bon je vous laisse.
NS do Ouro, le jour de la naissance de mes colibris, le 18 de décembre de l'an 2025 après la naissance de NSJC.
... c'est vraiment très compliqué, 3 à 5 gouttes au moins toutes les 30 minutes, purée, les gouttes sont aussi grandes que la moité de leur tête..., il me faut non seulement les lunettes de vue, mais en plus une loupe si je veut faire les choses comme il faut, et l'IA qui me dit de les confier à un vétérinaire...???
Bon, eh bien 4 heures après la découverte, ils sont toujours vivants mais fatigués je pense, ils ont bu et là ils se reposent dans la ouate avec Mozart en fond musical, je vois sur les photos qu'ils ont encore des bouts de coquille sur la tête, je ne peux rien faire de plus, c'est trop petit pour toiletter.
C'est vrai qu'ils sont encore moches, mais c'est normal, les bébés qui viennent de naître ne gagnent en général pas des concours de beauté, mais ils sont marrants et toujours en vie 6 heures après découverte (désolé pour la qualité du film, il fait nuit et je ne sais pas bien me servir de la caméra sur mon appareil photo) :
Jour 2 :
Bon, ils sont toujours vivants, et dès aujourd'hui, je dois leur donner des nutriments, c'est très simple, il faut faire comme la maman colibri : manger des trucs avec des protéines comme des insectes par exemple et du nectar, avaler, laisser macérer, et régurgiter directement dans la bouche des petits... !
Non, en réalité c'est très compliqué puisque je ne suis ni un colibri et que je n'ai pas de lait dans mes têtons, je leur ai préparé une mixture de ma composition sans nectar ni insectes, je ne donne pas cher de leur peau, mais j'essaie de faire au mieux. Puisque hier je leur ai donné de l'eau sucrée et que certaines gouttes sont tombées sur leur tête, je me suis dit que de l'eau sucrée ça devait coller en séchant, alors je leur ai fait la toilette ce matin avec deux cotons-tige imbibés d'eau. Bon, franchement, j'ai eu 5 petits frères et soeur et 4 enfants, je n'ai jamais eu de problème avec des bébés humains, mais là c'est une toute autre paire de manche, je suis assez dépourvu, j'aimerai vraiment les aider mais j'ai de trop gros doigts, c'est très compliqué.
Bon, je vais quand-même essayer de leur faire ingurgiter ma mixture, on verra bien...
24 heures après éclosion, toujours vivants, je leur ai donné ma mixture, ils ont bu mais c'était un peu merdique avec la seringue à cause des grumeaux, je leur ai ensuite donné un peu de Coca-cola mais ils n'ont pas aimé du tout, alors je suis allé acheter un truc protéiné et vitaminé à la pharmacie, et c'est ce qui semble convenir :
Bon, eh bien le titre du sujet : C'est dramatique !, c'est plutôt parce qu'il n'y a pas de maman colibri pour s'occuper d'eux. J'ai regardé un petit film sur la question, et elle est vachement plus au point que moi : Elle arrive, donne deux petits coups sur la tête du bébé, le bébé comprend, il lève la tête et ouvre le bec, la maman plonge son bec jusque dans la gorge du petit et le nourrit quasi direct dans l'estomac. Et une maman colibri a ce bec là (photo de l'année passée) :
Alors moi à côté de ça, avec ma seringue, que ce soit avec ou sans aiguille, je ne fais pas le poids... si on peut parler comme ça (par contre, j'ai chopé le coup de leur taper deux fois sur la tête et c'est vrai qu'ils comprennent parce qu'ils se mettent en position, bec ouvert en l'air).
Toujours en est-il que 28 heures après la découverte, ils sont toujours en vie, et ils ont déjà, je pense, doublé de volume, fait caca sur le petit mouchoir où je les ai mis, donc le système digestif fonctionne, mais à chaque fois que je vais pour les nourrir, j'ai toujours l'impression qu'ils sont morts (mais bon, les bébés humains qui viennent de naître dorment aussi s'ils n'ont pas faim).
C'est assez intéressant, leur vie ne semble réellement ne tenir qu'à un fil, la vie et la mort, toussa..., mais moi je pense quand-même à un truc : c'est que ces deux petits colibris ne savent pas du tout à quoi ressemble un colibri finalement, ni une maman ni un papa puisqu'ils étaient dans des oeufs. Alors s'ils survivent, d'ici une semaine ils ouvriront les yeux, me verront, et s'imagineront que je suis la maman ! Ils connaissent ma voix, mon odeur, je siffle aussi pour faire genre que je sais y faire, et un des deux petits a d'ailleurs déjà émis une sorte de sifflement, minuscule mais audible quand-même.
Pour les noms, je me suis dit que si l'un des deux survit, je vais l'appeller Hercule, parce qu'il aura vraiment passé l'épreuve du feu avec moi. Même si je fais de mon mieux, je dois quand-même être une brute pour des si petits, et mon fiston Samuel veut que j'appelle l'autre Augustus si les deux survivent, on verra bien. De toutes façons, je pense qu'ils souffrent déjà plus que moi chez ma dentiste ne serait-ce que pour réellement avaler 2 gouttes, regardez comment sont leurs gorges après que je les nourris :
C'est pour ça je présume que la mère doit leur mettre la nourriture quasi direct dans l'estomac, parce qu'après chaque repas avec moi, ils en ont pour 10 minutes à faire passer le liquide depuis leur gorge jusqu'à leur ventre, et on voit que ce n'est pas une mince affaire, ils convulsent presque... Pas cool, mais c'est leur seule chance de survie... souffrir !
De toutes façons, ces deux-là n'étaient pas vraiment destinés à vivre, puisque maman colibri ou pas, durant la journée, il y a des chauves-souris suspendues sous ma terrasse, et les chauves-souris, toutes chauves qu'elles soient, reste des carnivores, alors voilà, ils sont plus en sécurité dans la maison mais ils souffrent plus que les autres bébés colibris. C'est les plus petites créatures volantes du bon Dieu si on excepte les abeilles parce que les autres : moustiques, guèpes, frelons, mouches, sauterelles et autres nuisibles n'existent que de part une permission spéciale du bon Dieu pour nous punir de je ne me rappelle plus quoi (j'ai oublié, j'avais lu ça il y a longtemps, c'était une sainte mystique stigmatisée qui l'a dit il y a quelques siècles, pas moi, je me contente de répéter...)
Quoiqu'il en soit, l'IA dit que pour élever un bébé colibri, il faut énormément de temps (et j'en ai à revendre) et beaucoup de patience (je m'y exerce) ;-)
NS do Ouro, le 19 de décembre de l'année 2025 qui suit la naissance de NSJC
3ème jour
C'est avec une profonde tristesse que je dois vous annoncer le décès d'Augustus durant la nuit et le décès prochain d'Hercule. Il a encore réussi à boire une petite goutte ce matin, mais je vois bien qu'il n'en peux plus, qu'il est las, qu'il souffre trop pour manger, que son tonus est proche de zéro, son pronostic vital est totalement engagé, et que je suis trop dépourvu pour trouver une solution.
Je vais encore tenter de lui donner régulièrement ses repas, mais il me semble que les carottes sont cuites, comme l'avait dit Vera le premier soir : les êtres humains ne peuvent pas créer des colibris, si l'un des deux survit, la chose serait de l'ordre du miracle.
Une heure plus tard :
C'est avec une profonde tristesse que je dois vous annoncer le décès d'Hercule entre deux repas. Les dépouilles ne seront pas présentées pour un dernier hommage et l'ensevelissement aura lieu dans l'intimité.
Mais c'était déjà plié, parce qu'après avoir constaté le décès du premier, j'ai fait comme les romains : je suis sorti de chez moi (les larmes aux yeux) pour consulter les augures, et 9 vautours tournaient sur ma maison. J'ai quand-même continué à nourrir Hercule comme je pouvais, mais je voyais bien qu'il avait de la peine à déglutir, même plus capable de se mettre en position pour recevoir la nourriture, il souffrait trop. Mon fils m'envoie des Wathsapp en disant que je n'en ai pas fait assez, mais ils ont occupé tout mon temps et mes pensées de ces derniers jours. Et malgré les gouttes protéinées et vitaminées mélangées à la solution à Vera, malgré Mozart, malgré la ouatte douillette, malgré le pharmacien, malgré tous mes efforts, eh bien non, je ne suis pas une maman colibri. J'ai même eu la tentation de dire comme Saint Maximilien Kolbe : "Seigneur, prends moi à la place d'Hercule", mais sans moi, ses chances de survie auraient atteint le néant.
Contrairement à ce que me dis Samuel, ils ne sont pas mort à cause de moi, j'ai juste réussi à les faire souffrir 3 jours de plus que nécessaire.
Je ne suis actuellement pas en état de chercher à en tirer un enseignement philosophique à part que le titre du sujet était correct, alors je rends l'antenne...
NS do Ouro, 19.12.25
Conclusions :
Ce que j'en conclu c'est que depuis leur découverte, je n'ai plus écrit une ligne de mon bouquin, toute mon attention était dirigée vers ces petits oiseaux. Je ne les ai pas aimé, mais c'est étrange, le seul fait de s'en occuper autant jusqu'à se lever la nuit, eh bien au bout d'un moment, ils nous deviennent cher parce qu'ils ont demandé toute cette attention que j'ai prodigué sans calculer. Ce furent de petites nuits, entrecoupées, alors de voir que ça n'a pas suffit pour les faire vivre, ça a suffit pour me rendre bien triste. Et aussi la fatigue morale et peut-être même physique, parce que depuis le constat des deux décès à 09h00 du matin, j’ai dormi jusqu’à 11h30, alors oui, des préoccupations et de la fatigue parce que malgré toute ma bonne volonté, je n’étais pas compétent (ou pas de la bonne espèce).
Ceci dit, des colibris, ce n'est pas ce qui manque ici, tandis que des types qui écrivent des livres, il n'y en a qu'un seul : le Docteur Diogène. Je suis le second et il est donc peut-être plus important d'écrire que de jouer à l’ornithologue spécialisé ou au vétérinaire incompétent.
En fin de compte, comme déjà dit plus haut, ces deux là ne semblaient pas destinés à vivre, que ce soit avec la maman ou sans, les dés en étaient jeté, le sort scellé, et je ne suis pas parvenu à changer leur destin.
En somme, rien de bien grave, deux jours et trois nuits de souffrances pour eux, deux jours et trois nuits de préoccupations inutiles pour moi, je m’en remet déjà.
C’était aussi une bonne expérience que peu de gens vivent (parce que regarder sur un site et vivre l’expérience en direct, ce n’est pas du tout la même chose), et ni Izac ni Vera ni Lia n’ont jamais vu de bébés colibris, tandis que j’ai eu la chance d’en avoir chez moi, c’est tout ce que je retiens.
Alors je clôt le chapitre, je vais les enterrer cote à cote dans une boite d’allumette, je garderai ça comme un souvenir de plus dans ma vie, et je recommence mes écritures.
NS do Ouro, le 19 de décembre de l’année 2025 qui suit la naissance de NSJC