Déjà, je ne sais pas si le mot existe réellement, mais pour moi il signifie quelque chose du genre : Être complet !
Le problème, c’est que la seule personne de l'Histoire de l'humanité vraiment complète était Adam avant qu’Eve ne soit retirée de son côté. Eh oui, parce qu’elle existait déjà en lui avant de lui être ablationnée, n’en déplaise aux féministes et autre égalitaristes, parce que si les femmes sont réellement les égales des hommes, eh bien il n’existe pas de femmes battues, il n’existe que des femmes qui ont perdu la bataille...
Allez, trêve de plaisanterie, si on part du point de vue d’un Adam complet, on pourrait dire que j’aspire à quelque chose d’impossible, alors disons que cette fameuse complétude sera atteinte lorsque je me sentirais suffisamment entier pour ne pas avoir besoin d’être défini par qui que ce soit d'autre. De toutes façons, j’ai déjà remarqué que lorsque quelqu’un donne son opinion sur un autre, il en dit plus sur lui-même que sur celui qu’il tente de définir, alors ça ne vaut déjà pas grand-chose.
Eh puis je me rends de plus en plus compte que je n’arrive plus à faire tenir le masque social qui a soutenu mon identité jusqu’à maintenant. Il a été utile, il m’a sans doute même sauvé la vie, mais là il est de trop. Je n’ai pas l’impression non plus d’avoir atteint une guérison ou un accomplissement qui pourrait être expliqué, j’ai juste simplement l’impression que la douleur est maintenant derrière et que je glisse vers un état de neutralité absolue !
Jusqu’à maintenant, j’oscillais entre deux états distincts :
1) Les interactions avec les autres qui deviennent de plus en plus insupportables mais en même temps provoquent une espèce d’appartenance, des émotions, de la douleur, de la joie ou de la tristesse, et en fin de compte, cet état offre comme… une identité !
2) L’être, juste être qui je suis, sans aucun masque, rien, juste… c’est comme s’il n’y avait pas de mots pour décrire, c’est comme si je ne suis plus personne, sans identité bien définie, mais sans douleur, une espèce de neutralité totale.
Bien sûr, comme je suis curieux, il faut que je teste, alors j’ai supprimé ma fameuse molécule de la bonne humeur, juste pour voir si ça apporte une différence dans cet état là. Après plus d’un quart de siècle de consommation de cette molécule, je sais parfaitement ce qu’elle provoque et ce que ça fait lorsque je la stoppe brutalement. Je sais aussi que ladite molécule est très puissante et que j'y suis particulièrement sensible. Et là, comme ça, à chaud et au doigt mouillé après seulement 3 jours d'arrêt, c’est comme s’il y avait une espèce d’équilibrage interne qui fonctionne sans ça, il n’y a plus aucune tristesse mais pas non plus de bonheur intense, aucun sentiment de guérison ou de victoire non plus, comme si la douleur et la souffrance appartenaient à une ancienne identité dont je n’ai plus accès, ou alors juste par bribes, en me forçant... Je sais encore comment fonctionne mon masque social et je peux le remettre pour quelques heures, mais je sens que cette saloperie draine mon énergie. Je parle de mon masque social, tout le monde en a un, Jung appelait ça «la persona», et je n’en veux plus, ni du masque, ni de la molécule...
Alors entre ces deux états, je vois bien que mon cœur a déjà choisit la deuxième option. La première est pénible, j’ai dû l’endosser récemment durant un jour et demi. Je peux identifier cette course folle entre la soirée du 11 janvier et la journée du 12, un vrai marathon : Le soir du 11, sortie au chef lieu en famille avec Izac et Vera et avec deux amies de là-bas, on ne rentre que tard le soir. Ce matin, avant même d’avoir terminé mon cigare de contemplation, l’arrivée d’Izac parce qu’il fallait faire 45 kilomètres de pistes pour immatriculer la voiture (qui a été réparée entre temps, ils sont très bricoleurs par ici), et lorsque je parle de pistes, il faut imaginer des trous de 20 à 30 centimètres de profond, donc ça ne roule pas vite. Ensuite il faut aller voir le type des immatriculations qui nous envoie au contrôle technique parce que le dernier a été fait à Sao Paolo (dans un autre état), puis il faut revenir chez le type, mais comme il n’accepte pas les cartes de crédit, il faut aller dans une pharmacie retirer le cash (oui, ici les distributeurs de billets sont dans les pharmacies), et dans la pharmacie, la bonne femme de la banque n’était pas là, mais ô miracle, je tombe sur mon voisin le pharmacien (oui, il a plusieurs pharmacies et par chance, il était dans cette ville ce jour là), donc il me donne les liasses nécessaire (25 billets de 100 réais), sans signature ni reçu : «Tu passes demain ou quand tu veux à la pharmacie de NS do Ouro et on réglera ça», puis retourner payer le type des immatriculations. On s'arrête quand-même manger dans une churascaria (une rôtisserie), et je ne peux plus que manger avec mon côté droit parce que j'ai trop mal aux dents à gauche, et droit après, zou, refaire les 45 kilomètres de pistes, mais je laisse le volant à Izac, ça lui fait de l'auto-école..., puis attendre le maçon qui devait venir à 17h00, mais s’engueuler quand-même un peu par Watshapp avec ma fille, histoire de me donner quelque motivation, parce que… : marre de m’aplatir, de me justifier, d’expliquer, et enfin, attendre le maçon qui ne vient finalement pas, c’est un voisin qui s’incruste en sautant le mur, je lui indique que j’ai un portail, une porte et une sonnette, mais il est un peu bobet et ne tilte pas, je vais électrifier ce tronçon…, puis aller manger chez Vera avant de tailler un brin de causette avec Lia, et là :
- Enfin : retour à la maison, seul, au calme, chez moi dans mon ermitage ! Ouffff !!!!!
Malgré tout ça, il faut encore se justifier un peu, parce qu’un type qui a une maison, une moto, une voiture, et qui n’a pas de femme, ça ne colle pas tellement dans le paysage local. Donc Liège m’interroge sur mes critères et je lui fais une liste basique :
1) 20 ans maximum, si exceptionnellement belle, on peut pousser jusqu’à 25.
2) vierge
3) jolie (ça commence à devenir serré)
4) Besogneuse
5) Qui sache cuisiner
6) Fidèle (là on entre dans une case absolument hypothétique, genre une bonne femme qui a été séquestrée depuis enfant tout en ayant reçu une bonne éducation)
7) Muette (parce que je ne supporte pas que quelqu’un jacasse pendant que je crapote en contemplant).
8) Qui n’a pas ni désirs ni personnalité spécifiques
9) Qui ne me fasse pas culpabiliser (si je la range dans un coin de la chambre pour aller crapoter tranquille je vais culpabiliser)
10 ) Et donc pour qu’elle ne me fasse pas culpabiliser, il faudrait qu’elle ait un bouton «On» et un bouton «Off», parce que ce n’est que sur «Off» que je ne culpabiliserai pas...
Voilà voilà, 10 critères, ça a l’air léger, genre les 10 commandements, mais c’est extrêmement sélectif, c’est d'ailleurs fait exprès parce qu’une femme pareille n’existe pas.
En contrepartie, vous voulez savoir ce que je vois, moi ?
Eh bien presque chaque nuit, je vois 2 étoiles filantes qui ont nettement plus d’allure que celles en Suisse (pas de pollution lumineuse ici), mais c’est dû au fait que lorsque je vois une première, j’attends inconsciemment ou consciemment la seconde, et elle arrive. Hier soir je n’en ai pas vu parce que c’était nuageux, tandis que ce soir c’était mitigé, comme des bancs de stratus, on voyait les étoiles, mais à travers une sorte de brume. Qu’à cela ne tienne, je m’installe quand-même sur ma chaise longue et Dieu répond en dissipant le stratus en 10 minutes. Bien calé dans ma chaise longue sur ma terrasse, eh bien il y a quelque chose qui se passe, comme une connexion avec le cosmos. Il y a des gens qui sont connectés à leur hypnotiseur dès qu’ils ont une minute de libre, et moi je suis Zuckerberg…
Non, je ne suis pas Zuckerberg, je ne vends pas de poison, je me contente de me connecter à mon chapelet ou au cosmos et Dieu répond. Là où en Suisse, on ne voit la constellation d’Orion que bas sur l’horizon, et l’étoile la plus lumineuse du ciel, Sirius, qui n’est visible qu’en hiver, eh bien ici elle est au Zénith. Vers deux heures du matin, la Grande Ourse est totalement levée, tout au nord. A ce moment, je sais que je ne suis pas perdu, je suis juste à un autre endroit sur la surface du globe et toutes les étoiles sont à leur place. Ça change déjà pas mal de l’année passée… Jupiter est visible durant toute la nuit tandis que Venus ne se pointe que vers 04h00 du matin, et à partir de 05h00, le ciel passe par toute une nuance de couleurs avant le levé du soleil à 06h00.
La journée, je vois aussi des trucs que personne ne voit : Entre ma terrasse et la sierra d’en face il n’y a rien, mais tout à coup, un filament blanchâtre qui grossi, et j’assiste à la naissance d’un nuage..., qui finit par s’effilocher et se dissiper tout seul… Qui voit ça ???
Certains investissent dans un hypnotiseur de grande marque, avec une pomme croquée au dos. Moi j’ai pas d’hypnotiseur mais j’ai investi le prix de 3 ou 4 hypnotiseurs avec la pomme croquée dans les meilleures jumelles du monde, et un joli oiseau gravé dessus au lieu d’une pomme croquée. Avec ça, rien ne m’échappe ! Ceux à qui je prête ces jumelles sont abasourdis par la qualité de vision. Ce fut d’ailleurs un peu ennuyeux lorsqu’un type m’a demandé où il pouvait acheter les mêmes… Il ne pouvait déjà pas concevoir qu’une paire de jumelles coûte plus cher qu’un hypnotiseur lambda, alors encore plus cher que celui avec la pomme ???... c’était juste inconcevable. Mais c’est comme ça, c’est de l’optique, 87 couches de traitement sur chaque lentille avec du gaz à l’intérieur anti-buée et qu’on peut même utiliser à 5 mètres de profondeur sous l’eau…, totalement inutiles pour le commun des mortels quoi, mais disons qu’il peut tomber des trombes d’eau, aucun soucis avec ça. Et donc j’aime bien suivre un peu les oiseaux pour voir ce qu’ils trafiquent, je ne connais pas leurs marques, mais il y en a tout plein de différents (voir section 9 => Riacho Fundo), et je préfère toujours la réalité aux hypnotiseurs portatifs.
Pour la petite histoire et ceux qui seraient intéressés par la compétition et le monde réel, c’est Swarovski qui domine le marché de l’optique. A ce niveau de qualité, les capacités de l’œil humain sont insuffisantes pour percevoir des problèmes chromatiques ou de déformation de bordure, il faut des appareils pour mesurer les différences. Par contre, ce que l’œil humain voit, c’est le panorama… Alors Swarovski avait déjà les meilleures jumelles du monde, les NL, grossissement 10x, avec un champ de vision parfait de 108 mètres à 1000 mètres de distance. Zeiss, mécontent de ses propres employés, a débauché le meilleur ingénieur de Swarovski avec mandat de dépasser les NL et il a si bien rempli sa mission qu’ils ont appelé leurs jumelles : «Victory» !, et c’est vrai qu’avec un champ de vision de 120 mètres à 1000 mètres de distance, ils pouvaient bien crier «Victory»… mais de courte durée, parce que Zeiss qui passe devant le premier de classe c’est inacceptable…, du coup Swarovski a planché sur le problème pendant 4 ans et ils ont éclaté Zeiss en élargissant le champ de vision à 133 mètres à 1000 mètres de distance, imbattable, la messe était dite, Zeiss n’a pas changé le nom des «Victory», et Swarovski s’est contenté de rajouter un «Pure» derrière le NL. Voici la bête, avec le petit bidule réglable pour le front qui apporte la stabilité qui va bien :

C’est tout de même autre chose qu’un hypnotiseur, non ?
Voilà, ça c’était juste pour expliquer, parce que j’avais bien planché sur le problème, et elles étaient destinées à aller en Afrique. Alors bon, admettons que j’eus acheté les Zeiss pour économiser trois francs six sous, et qu’à un kilomètre de moi, il y a un guépard qui me fonce dessus, ...vous y êtes ? Bon, eh bien moi je regarde l’éléphant en plein centre, donc je vois aussi les 60 mètres à gauche et à droite de l’éléphant, ça fait les 120 mètres. Donc si le guépard qui me fonce dessus est dans cette zone je le vois. Mais admettons qu’il est à 65 mètres à droite ou à gauche de l’éléphant, eh bien je ne le vois pas et j’ai l’air d’un con ! Tandis qu’avec les NL Pure, eh bien il peut bien être à 65 mètres et je le vois !, et là, vu qu’il est à 1 kilomètres de distance, j’ai le temps de remonter dans ma caravane pour me planquer, tandis qu’avec les jumelles Zeiss eh bien je fini par me faire bouffer ! (oui, j’admets que tout ça est très théorique, surtout que je ne suis pas encore en Afrique, mais bon, quand on a le choix entre le meilleur du monde et le deuxième meilleur, en général on choisit le meilleur, surtout si on les trouve à un meilleur prix que les deuxièmes).
Ah oui, elles sont aussi capables de faire la mise au point à deux mètres de distance. J’ai un lézard domestique qui bouffe les scorpions, alors s’il est à 2 mètres et que je le regarde aux jumelles 10x, eh bien c’est comme s’il était à 20 centimètres et je vois plein de détails, c’est intéressant non ? J’ai aussi brindille, et avant-hier, un colibri qui est venu me dire bonjour. J’ai pensé que c’était la maman des deux petits, mais il avait plutôt l’air d’être un mâle alors je ne sais pas...
En fait, je vois tout, jusqu’à savoir comment on ouvre ou on ferme la porte d’un Airbus 333, je sais ce que font les hôtesses en coulisses, parce que j’observe tout, je vois tout ce que les gens ne voient pas, parce que la réalité ne les intéresse pas tellement, et les miracles qui pourraient modifier cette réalité encore moins.
A la fin du compte, je crois que c’est ça la complétude : Juste être et être conscient d’être, dans l’instant présent, simplement. Ne pas projeter des problèmes futurs qui n’arriveront sans doute jamais ni regretter des souvenirs qui ne pourront jamais être changés. Il ne s’agit là ni d’un état supérieur, ni inférieur. Je suis juste moi-même, un homme sans identité et qui n’en recherche pas vraiment une, qui accepte d’être sans aucune étiquette, aucune case, aucun titre, et je pense que l’estime sociale est bien plus nécessaire aux autres qu’à moi, parce que pour dire la vérité, comme je l’ai déjà dit à Vera : Je ne suis qu’un fantôme…, je n’existe ni en Suisse ni au Brésil. J’ai tout ce que je veux mais rien n’est à moi, ni la maison, ni la moto, ni la voiture, et même au niveau des administrations, ils sont perdus. Il y a un dicton qui dit que : "dans la vie, seules deux choses sont sûres : la mort et les taxes". Je fais mentir le dicton parce que je ne suis plus en Suisse et pour le Brésil, je ne suis qu’un touriste qui va se retrouver sans papiers d’ici peu, donc je ne paye plus d’impôts, on verra bien si j’arrive à faire mentir la première partie du dicton : la mort ! Ce serait quand-même une guigne qu’un type qui est autant attiré par la mort y réchappe… M’enfin, comme l’a dit l’avocat de ma femme : je suis le dernier prophète avant l’apocalypse, alors si je traverse, peut-être n’est-il pas nécessaire de mourir pour rien.
Bon, j’ai écouté quelques vidéos sur la pensée de Jung (Carl Gustave, un Suisse, un type sérieux), c’est assez intéressant parce qu’il a expérimenté lui-même le rejet social après sa séparation d’avec Freud (un juif, même pas Suisse), et ils se sont acharnés, les charognes, le type a tout perdu, son statut, il a été moqué, discrédité, trainé dans la boue, lui-même ne savait plus s’il devenait fou ou illuminé… Bref, il a expérimenté un peu ce que je vis mais à la fin, il a buté contre cet état qu’il jugeait final : Aucune victoire, aucun triomphe, aucune considération sociale, rien, juste ce qu’il appelait «l’individuation» et que j’appelle la «complétude». Une sorte de neutralité toute helvétique, ni pour ni contre, bien au contraire...
Alors voilà, grâce à lui, j’ai l’impression que je sais à peu près où j’en suis, mais je n’ai pas envie de rester coincé dans cette condition. Lui-même la définissait comme quasiment intenable en société, car tous ceux qui y arrivent vont chercher à créer une nouvelle version d’eux-mêmes, soit dans la nostalgie de l’ancienne version, soit se créer une nouvelle «persona», un nouveau masque social. La solitude et l’inexistence sociale est trop difficile à la longue pour la plupart des gens, donc très peu de gens restent ainsi. Mais bon, j'ai l'impression que pas mal de gens meurent sans jamais n'avoir été qu'eux-mêmes un jour...
J’en suis pas là parce que pour le moment j’apprécie, comme vous pouvez le lire, et puis j’ai un atout dans ma manche qui manquait peut-être à Jung : le Dieu des miracles !
Je veux aller plus loin que cette espèce de neutralité, c’est pour ça que dans mes rares moments d’ennui, j’étudie un peu la pensée de Spinoza qui est intéressante, parce qu’un juif excommunié par les juifs c’est un type qui gagne sans doute à être connu et sa vision des choses est réellement intéressante. J'ai aussi l'intention de me pencher un peu sur les trucs qu'a enseigné Maître Eckhart, parce qu'un catholique du 13ème siècle qui a passé sous les fourches caudines de l’inquisition est tout aussi intéressant, et même plus. En gros et si je comprends bien ce qu’il raconte : La connexion avec le divin se fait grâce au vide qu’on arrive à créer. Oui, c’est très résumé, mais disons que l’astuce c’est de se vider de tout ce qui fait notre «persona» pour laisser la place à Dieu, on verra bien ce que ça donne...
Parce que pour le reste, avant je voulais toujours être gentil, aimable, convenable, adaptable, acceptable, quémandant des miettes d’approbation ou d’affection à d’autres êtres humains. Maintenant c’est un peu comme si je n’en ai plus rien à cirer. Le masque social tient encore un peu lors des sorties, mais je sens qu’il a de plus en plus de peine à tenir, et après une soirée comme avant-hier et une journée comme hier, eh bien je suis vanné, comme si on avait pompé le peu d’énergie qui me reste pour simplement «être». Alors aujourd’hui, j’ai pris ma journée, je n'ai rien fait du tout, juste un rendez-vous dentaire à 14h30 pour que je puisse à nouveau mâcher à droite (et c'est pas le genre d’endroit où on discute beaucoup), et basta !
Voili voilo, je sais que c’est un peu maigrichon en guise d’actualité, mais démerdez-vous avec ça !
NS do Ouro, le 14 de janvier de l'an 2026 qui suit la naissance de NSJC
Eh bien le Churchill de Davidoff sera sans doute pour dimanche !
De Jung à Maître Eckhart…
Tout un programme ! Non, en réalité pas de programme, parce que le problème des programmes c’est qu’ils sont programmatiques et je déteste ça…
Je n’ai pas eu besoin de Carl Gustave Jung pour arriver à l’état décrit ci-dessus : le déchirement, la perte de tout ce qui m’était cher, la perte du sens de la vie, la souffrance et la solitude ont été suffisants pour y arriver. Je vois juste la différence qu’il y a entre mon dernier séjour ici et celui-ci : L’année passée, j’espérais beaucoup de choses et donc je ne pouvais qu’être déçu, tandis que maintenant, je n’espère rien donc il n’y a pas grand risque de déception, à part celui de louper la complétude et ne pas pouvoir crapoter le Churchill.
Et puis ces vidéos ne servent quasiment à rien à part savoir à peu près où on en est, c’est la vie qui est maîtresse des éventements, qui nous mène là où on n’avait pas prévu ou envie d’aller, et sans le passage par la souffrance, on aura beau ingurgiter tous les manuels et vidéos disponibles sur internet, ça ne va pas changer grand-chose.
Ceci dit, dans la réalité, aujourd’hui c’est le 4ème jour sans la molécule de la bonne humeur et mon égaliseur interne semble continuer à fonctionner : ni bonne humeur ni mauvaise, juste un néant très apaisant, avec toutefois une espèce de gratitude indicible lorsque le soleil s’est levé, un peu avant 06h00, une sorte d’émotion intense. Dieu si présent qu’Il a provoqué une émotion propre à embuer mes yeux par un débordement de gratitude du cœur...
Oui, vous devez peut-être vous poser des questions parce que je parle d’Orion, de Sirius, de Jupiter, de la Grande Ourse qui se lève à 02h00, de Venus à 04h00, de l’aube à 05h00 avec toutes les nuances de couleurs, jusqu’au levé du soleil, et peut-être vous vous demandez quand je dors ? En fait c’est simple, je dors quand je veux, j’ai fait installer une espèce de store encadré un peu du genre de ma caravane, qui me permet de plonger la chambre dans le noir à n’importe quelle heure du jour. J’ai l’air conditionné, je règle la température au degré qu’il me chante et je dors quand je veux. Pas de soucis avec ça.
Par contre, aujourd’hui j’ai écouté 5 ou 6 sermons de Maître Eckhart, et tu m’étonnes que l’inquisition se soit intéressée au lascar, il est encore plus radical que moi dans mon dernier article (N°38), sauf qu’il utilise un vocabulaire impeccable, tandis que moi j’ai pris l’option vulgaire, mais il dit encore pire que moi (avec douceur quand-même) : «Tous ces gens qui font des mortifications, qui alignent les prières et les jeûnes, ils iront peut-être au paradis parce que Dieu aura eu pitié d’eux, mais ils ne valent pas plus que les marchands du temple...»
Tout en écoutant ces salades, j’ai fait un truc qui m’a fait faire un bond énorme vers ma complétude, …tenez-vous bien... roulement de tambours, trompettes, et cymbales :
- J’ai fait mon ménage !
Bon, j’ai quand-même fait bien attention à fermer mon portail, mes portes et fenêtres, histoire d’être le plus discret possible, parce qu’en Amérique du Sud, un type qui fait le ménage… ?, je ne voudrais pas paraître pour l’efféminé du bled, j’ai une bonne femme qui vient une fois par semaine pour ce genre de trucs, c’est plus dans l’ordre naturel des choses. Mais là, si je veux atteindre la complétude, il faut que j’intègre ce côté féminin, et entre la vaisselle, le balai et la poussière, je me suis dis : «Putain !, c’est un petit pas pour l’Homme, mais un pas de géant vers ma complétude» !, parce que c’est bien la première fois que je fais quelque chose de ce genre ici…
Et vous voulez savoir quoi ? – ça m’a plu !
Par contre, pendant tout ce temps, j’écoutais Maître Eckhart et je me disais que toutes ces théories n’allaient me servir à rien, il peut bien aller encore plus loin que ce que j’ai écrit dans ma rubrique 38, placer l’homme au-dessus des anges, à égalité avec Dieu (la seule nuance c’est qu’Il est incréé et qu’on est créé), mais ça ne sert pas à grand-chose d’écouter, c’est la vie que Dieu me donne qui m’enseigne tout ça. Un peu comme pour Jung, on peut bien essayer de suivre le programme à la lettre, si la vie ne nous apprend pas, eh bien on ne lâchera jamais ce qu’on a de plus cher pour se retrouver à poil et n’être que ce qu’on est, sans identité bien définie, sans «persona».
Alors voilà, je pense que c’est des vidéos et des sermons qui peuvent nous indiquer à peu près où on en est, mais c’est Dieu qui est à la manœuvre, sans Lui, aucun progrès.
Bon, à propos d’Eckhart, la Sainte Inquisition n’a pas eu trop à redire à part 26 de ses propositions qui ont été jugées «malsonnantes»…, mais ils n’ont même pas corrigé.
Je pense que le principe est correct : tant qu’on croit qu’on fait des trucs pour Dieu, on est des marchands du temple, on fait en croyant que ça fait plaisir à Dieu ou quelque chose comme ça, on attend quelque récompense ou autres grâces, et on se retrouve toujours en porte à faux : d’un côté il y a l’attention sociale, d’un autre côté on imagine contenter le bon Dieu qui Lui, s’en fiche de tout ça parce que tout ce qu’Il veut, c’est qu’on vide notre âme totalement, sans même Le chercher, parce que chercher Dieu est déjà une volonté propre et ça Le limite. Le pauvre d’Esprit, c’est celui qui accepte de ne plus rien désirer, ni sur un plan spirituel, ni sur un plan matériel, et là, Dieu s’installe dans l’âme, et une âme ainsi remplie par Dieu seul devient consubstantielle à Dieu Lui-même, au-dessus des anges, qui eux n’ont que la connaissance, rien de plus. Il me semble que c’est parce que Dieu a décidé de faire des hommes semblables à Lui, contrairement aux anges...
Mais voilà, toutes ces affaires c’est un peu comme mon histoire de guépard et de jumelles, ça reste très théorique (et un coup de pub pour Swarovski si l'envie leur venait de me sponsoriser ;-)). Le bon point dans cette affaire, c’est que j’ai l’impression d’être arrivé au stade final que décrivait Jung : la perte de l’identité, de la persona, du masque social, que j'en ai plus rien à cirer. Par rapport à ce que raconte Eckhart, ça semble déjà un bon début...
Ses sermons m’ont aussi rassuré sur mon problème d’humeur parce qu’il dit qu’il faut toujours être reconnaissant envers Dieu, parce que Lui seul sait ce qui est le meilleur pour nous, ce qui peut nous faire grandir. Que ce soit par la maladie, le deuil, la souffrance, il faut toujours être reconnaissant, parce que si ça arrive et que Dieu ne laisse pas tomber un cheveu de notre tête sans autorisation préalable, eh bien un bon cancer, une tuberculose, la lèpre ou le choléra, ou même un trouble bipolaire, n’importe quoi, c’est toujours jackpot si on se place dans la confiance et sous le regard de Dieu.
Bref, je ne vais pas faire une actualité à rallonge sur ces histoires, la seule chose que je me dis c’est que je suis sur la bonne voie et que je suis dans le lieu adéquat pour ça : le coin le plus perdu de Bahia. Parce qu’autour de nous, il y a 5 villes ; le chef-lieu à 20 kilomètres de pistes et ils ont l’asphalte, la ville où on a été immatriculer la voiture à 45 kilomètres et ils ont l’asphalte là-bas aussi ; une autre ville à 40 kilomètres de pistes, mais il y a l’asphalte à partir de là, et encore une autre à une trentaine de kilomètres et il y a aussi l’asphalte… Alors on est comme dans un trou, et la piste qui mène à ma maison est située au plus loin qu’une voiture puisse aller. Au-delà, c’est soit en mule soit en moto-cross. Je pense que cette quiétude aide bien, parce qu’en Suisse, à part souffrir et aller à l’hôpital, il me semble que j’ai pas tellement fait mieux.
Alors bon, si mon système de complétude sans molécule de la bonne humeur tient jusqu’à dimanche, eh bien je me permettrai mon Davidoff et on avisera la semaine prochaine pour les histoires de Maître Eckhart.
Et peut-être..., oui, peut-être et même sûrement qu'il me faut atteindre un état pareil de complétude, avec Dieu en bonus, pour être capable de vivre seul dans une réserve africaine, sous le regard de personne sauf de Dieu, mais on en est pas encore là.
NS do Ouro, le 15 de janvier de l’an 2026 qui suit la naissance de NSJC
Un peu déçu ce matin à 05h00
Au lieu des couleurs magnifiques de l'aube, un rideau d'eau descendait de la vallée de Riacho Fundo, ciel gris, nuageux, et ce rideau de pluie qui ne laissait rien voir...
Mais à 05h50, comme une perçée venant de Riacho Fundo :
Et quelques minutes plus tard, Dieu signale que quelque soit le temps, Il est toujours là, surtout le matin, ça doit être un matinal, ... quoique, il me semble qu'il ne dors pas beaucoup...

5ème jour sans la molécule de la bonne humeur, c'est en général à ce stade que je m'écroule lorsque j'arrête abruptement, me semble que ça ne change pas grand-chose, je tiens le bon bout.
Et une petite visite sociale ce soir de mon "ami" le Docteur Diógenes Cândido de Lima, qui est mon exact opposé : si on tape son nom sur google, il a tellement de titres qu'une page ne suffit pas à tous les énumérer, Green Card aux USA et tout le toutim, 76 ans mais en pleine forme. L'année passée, j'avais écris que c'était sans doute le type le plus cultivé à 300 kilomètres à la ronde, et c'est vrai qu'en parlant de lui l'autre jour avec Izac, il m'a dit que grâce à Diogène, tout le monde a entendu parler de ce bled parce qu'il ne se passe pas une semaine sans qu'un article sorte sur un journal ou un plateau TV. C'est lui qui avait mobilisé toute une étude d'avocat de Salvador l'année passée pour me permettre de rester légalement au Brésil, j'avais en visio le patron de l'Etude en haut à gauche de l'écran, l'avocate en bas, Diogène en haut à droite, et moi et Vera en bas à droite. Vraiment un bon type, il a écrit tout un tas de livres, et il a même réussi à coller ma photo dans son dernier bouquin, celle-ci :
Le problème c'est qu'il m'avait demandé d'écrire un petit mot sur NS do Ouro, parce qu'un Suisse qui habite ici c'est original, et j'avais conclu ma prose par : "Aimer une femme pour les siècles et les siècles, Amen !"
Donc c'est pas vieux mais je lui ai dit ce soir que c'était déjà plus d'actualité...
Il habite à Vittoria da Conquista, la grande ville la plus proche d'ici (400'000 habitants), à 6 heures de routes, mais il a plusieurs propriétés et est arrivé samedi dans sa maison d'ici. Je l'aime bien parce qu'il m'a toujours écris pour demander des nouvelles, même quand j'étais en Suisse. Alors il se pointe sur ma terrasse mais moi je n'entends rien, il est 17h30, c'est mon moment de contemplation du soir, du coup j'ai mon casque avec grande musique dans les oreilles, un cigare au bec, les jumelles devant les yeux, et tout à coup Vera qui fait : "BOUH !", et qui voilà : le Dr Diogène, ça m'a fait grand plaisir de le revoir, c'est vraiment un chic type.
Il a été bluffé par la vue et la maison, il m'a dit qu'on voyait bien que c'était pas un type du coin qui avait fait ça, et m'a demandé s'il pouvait emmener sa femme pour visiter,... la plus belle vue de la région ! Alors oui bien sûr, il sera toujours le bienvenu.
Moi ça me fait marrer, parce qu'en Suisse je ne suis qu'un demeuré, un alcoolique, un drogué, un galleux, un loqueteux quoi, et ici les gens se sentent obligés d'être une personnalité pour demander à Vera s'ils peuvent venir visiter... C'est un peu mes copains d'ici, Diogène : Fils illustre d’Ibiajara, le professeur Dr Diógenes Cândido de Lima, félicite la direction pour l’inauguration de la place – O Eco Jornal Online, et le pharmacien qui construit sa maison en contrebas depuis 3 ans (il a deux maçons à demeure, il fait, démonte, casse, refait, il est un peu comme Nimrod, la construction c'est son truc...), tandis que sa femme (et son fils Pedro, mon dealer de médicaments) préfèrent voyager et ils connaissent déjà la Suisse :
Bref, à Grimisuat, pour avoir une réponse du président qui est un cousin, et qui n'est pas Docteur Honoris Causa de l'Université de Miami comme Diogène à ce que je sache, il faut lui écrire plusieurs e-mails, attendre 3 mois, et ne pas avoir de réponse parce que je ne suis qu'un pouilleux. Donc en fin de compte, il faut actionner l'oncle Guy qui paye suffisement d'impôts pour que cet abruti de président réponde dans la journée, sinon salut ! C'est exactement la carricature du "con" (un prototype en la matière), un bellâtre comme il s'est défini lui-même au JT, et qui a gagné la présidence à pille ou face..., on est bien loin de l'université de Miami et de la partie de golf avec Donald à Mar-a-Lago... (m'enfin, il a une 911, ça devrait compenser son déficit).
C'est marrant, parce qu'à Grimisuat, où j'aurai nécessité une certaine attention sociale (au moins pouvoir espérer une réponse des autorités), eh bien je ne suis qu'un merdeux auquel on ne daigne même pas répondre ; et ici, où je ne nécessite d'aucune estime sociale parce que sans autorités, je n'ai besoin d'aucune autorisation de personne pour faire quoique ce soit, eh bien le pharmacien me donne des liasses de billets sans même un reçu, et le Docteur Diogène qui reçoit mais ne se déplace en général pas chez les gens, eh bien il vient chez moi et me demande même s'il peut emmener sa femme...
Comme dirait l'autre : personne n'est prophète en son pays !
Un vrai copain d'ici c'est aussi Deo, du bar à Deo, qui avait cuit mon paternel à la caïpirinha il y a 33 ans, c'est toujours un plaisir de causer avec lui, il est assez cultivé pour me demander ce que j'en pensais de "Franciscole" (un pape communiste selon lui), inutile de dire que j'ai été ravi de pouvoir lui donner mon point de vue. Là il m'a demandé ce que vaut Léon, je lui ai répondu : "Il vaut sans doute au moins un quart de page dans un journal italien", on rigole bien. Ici avec Izac et Deo :
Bref, journée bien tranquille et agréable, la bonne femme de la poutze est venue et je lui ai laissé tout refaire. Pour le reste, si j'ai tous les notables du coin dans la poche (même ce bon à rien de "véléador" président de la "chambre"), sans compter tous les francs-maçons du coin, ...eh bien ça ne veut pas dire que j'ai des passes-droits (sur quoi d'ailleurs ?), mais ça veut au moins dire que si quelqu'un me cherche des emmerdes, eh bien j'aurai des soutients civilisés réellement utiles !
Ceci dit, à part ma femme, je ne vois pas trop qui aurait intérêt à me chercher des poux, ...et encore, elle n'a que les 4 mots magiques à prononcer pour recevoir son pognon (inutile d'envoyer les chars), mais visiblement, c'est trop demandé, alors tant pis pour elle :-p
NS do Ouro, le 15 de janvier de l'an 2026 qui suit la naissance de NSJC.
6ème jour sans la molécule de la bonne humeur, et verdict :
- Levé à l’aube comme d’habitude pour saluer mon ami Dieu, mais juste une clope et rendormi jusqu’à 08h00, et ensuite, crapotage d’un Churchill pour m’y faire (un Churchill lambda du Nicaragua, pas le Davidoff !). Il s’agit de la taille des modules : les plus petits sont les Corona, les plus communs sont les Robusto (13cm), puis il y a les Toro (15 cm), et enfin le Churchill (18cm), et pour crapoter d’une traite un Churchill, il faut tenir le choc de la nicotine sans dégueuler. Le secret c’est de le consumer le plus lentement possible, ça prend une heure et demie, et durant cette heure et demie, j’ai le temps de sonder mon humeur :
- Stabilité totale, un néant d’une neutralité parfaite, le vide, l’être, l’absence totale de souffrance et de sentiment de solitude ou de nostalgie, et l’effet de la nicotine qui infuse, ce qui se traduit par de plus en plus de paix, et à la fin, une gratitude absolue !, ...avant d’aller aux chiottes, parce que tant de nicotine active le système digestif, c’est le prix à payer quand on crapote un Toro ou un Churchill, on vidange le tout d’une traite, et aucun effet de surdose genre vomissement…
En allumant l’ordi, un message de Diogène pour me confirmer que j’avais réellement la plus belle vue de la région et quelques remerciements. Ça m’a fait repenser aux trois-quart d’heures que j’ai passé avec lui hier, Vera n’est venue que pour l’introduire et est repartie direct après, et je me suis rendu compte qu’avec lui, je n’avais pas eu besoin de mettre aucun masque social. Il s’était installé naturellement sur une chaise longue, et on est resté à discuter comme deux vieux amis : de sa famille, de Dieu, de mes projets (il a pris le même ferry que moi entre l’Espagne et le Maroc et n’a pas aimé le Maroc), il connaît bien le monde aussi. Je lui ai répondu par Wathsapp que : «ça a été un grand plaisir, mais que je me suis quand-même demandé : qui suis-je moi, pour mériter qu’une personne comme toi m’accorde autant d’attention ?» C’est quand-même le type le plus important en culture de toute la région, bardé d’honneurs, de titres, de diplômes, et moi je ne suis personne, rien, je m’efforce d’ailleurs d’être le moins possible...
Il m’a répondu : «O que é isso, rapaz ! Eu que fiquei feliz...»
Rapaz, ça veut dire grosso-modo : vieille branche, mon poteau, c’est un terme très amical.
Alors ce soir on va remettre ça parce qu’il va prodiguer un cours d’anglais et on ira boire une caïpirinha au bar à Deo.
Oui, j’ai aussi pensé à ce que j’avais écrit sur le président de Grimisuat, le cousin, et si je faisais encore usage de mon ancien masque social, eh bien j’aurai effacé ce matin ou j’aurai écris un mot d’excuse pour ceux qui auraient lu avant d'effacer. Maintenant plus, parce que quand on a sous le coude un spécimen aussi parfait du «con» dans toute sa plénitude, on le garde bien au chaud dans sa besace pour le ressortir en guise d’exemple en cas d’utilité. Et je fais assez confiance aux médisants et autres cloportes qui lisent pour lui transmettre le lien d'une manière ou d'une autre, donc je laisse !
Alors je sens bien que mon ancienne version est morte, il m’a fallut 2 ans pour m’en débarrasser, et je ne vais pas l’appeler à la rescousse pour des gens qui n’en valent pas la peine. Et avec mon ancienne version c’est aussi mes problèmes qui ont disparût, comme l’alcoolisme et la drogue. Ici, je bois parfois une ou deux bières avec Izac, une caïpirinha à l’occasion, mais je n’ai jamais été saoul. Mon ancienne version exigeait l’alcoolisation finale, ce n’est plus le cas, je peux boire modérément, et même avoir des bières dans le frigo en préférant un thé camomille pour crapoter mon cigare de la nuit sous les étoiles.
Dieu m’a guéri de ces affaires qui n’étaient que les conséquences d’un manque, maintenant que je me sens de plus en plus complet, il n’y a plus aucun manque, ni de substances, ni d’alcool, et encore moins de femme. Alors Dieu me rempli suffisamment pour ne plus avoir recours à ces subterfuges, parce qu’Il ne m’a pas créé comme ça ! Par contre, je ne suis pas sûr qu’il m’ait guéri de mon trouble bipolaire, parce que je pense qu’il m’a créé ainsi, que cela est utile à mon développement, et même si tout va bien après 6 jours d’arrêt brutal de cette molécule, l’épreuve du feu sera de traverser la vallée de l’ombre de la mort sans en être troublé ou incommodé, mon monde intérieur devrait faire contrepoids aux incommodations externes, tandis que mon égaliseur interne devrait se charger des émotions pour arriver au stade final et pouvoir dire comme mon Saint Patron :
"Je marche à la droite de l’Éternel, mon berger: je ne manquerai de rien.
Il me fait reposer dans de verts pâturages, Il me dirige près des eaux paisibles.
Il restaure mon âme, Il me conduit dans les sentiers de la justice, à cause de son nom.
Quand je marche dans la vallée de l'ombre de la mort, je ne crains aucun mal, Ta houlette et Ton bâton me rassure
Tu dresses devant moi une table, en face de mes adversaires; Tu oins d'huile ma tête, et ma coupe déborde.
Oui, le bonheur et la grâce m'accompagneront tous les jours de ma vie, et j'habiterai dans la maison de l'Eternel jusqu'à la fin de mes jours."
Peut-être que la bipolarité n’est pas une maladie, c’est juste un trouble des émotions que Dieu utilise à Son profit tant qu’on Lui fait confiance et qu’on se repose en Lui, et puis c'est tout.
Désolé, je sais que ça fait maigrichon en guise d’actualité, mais à part qu’Izac construit un garage chez lui pour que ma voiture ne soit pas condamnée à rester au soleil comme la mule du voisin, Lia tient toujours la route et continue à fumer la pipe à bientôt 101 ans (quels menteurs ces marchands de tabac qui font de la pub pour des morts rapides), il n’y a pas grand-chose à en dire de plus que : Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes ! Comme je l'ai dit hier à Diogène : Ici tout va bien, je laisse les problèmes en Suisse !
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Eh bien de retour du cours d’anglais de Diogène et du bar à Deo…, vous voulez savoir quel genre de spécimen j’ai trouvé à son cours d’anglais ?
- Un Lichtencheinois !… de Vaduz !
Je lui ai demandé s’il s’était perdu, mais non, il bosse pour une firme internationale qui fore à Bacha Fundo pour l’or et est venu au cours d'anglais pour essayer de s'intégrer un peu, comme moi l'année passée. Tout le monde sait qu’ici, on marche sur l’or, il doit y en avoir partout, mais personne ne sais exactement où creuser. J’ai dit à ma fille qu’il fallait que le père de son copain vienne ici, c’est un spécialiste de l’or, pas un garimpero, non, le type va dans un pays ou une région avec son matériel, des sonars ou des radars ou je ne sais pas quoi, mais il dit où il faut creuser, les gens creusent où il dit et ils trouvent ! Donc il nous faut un type comme ça ici !
Bon, pour ne pas vous laisser sur votre faim, et parce que j’ai quand-même envie de dire à ce bon à rien de véléador ce que j’en pense, j’ai fais des photos des routes du coin. Bon, on commence devant ma maison avec ma titine :
On monte la route :
On continue à monter...
On arrive chez Vera, Izac et Nadin qui sont entrain de faire une rampe pour ma voiture

Ici c'est la route principale Juan Manuel Cardoso, principale route qui contourne NS do Ouro, faut déjà viser où on met les pneus :
Bon, eh bien on descend en ville pour acheter un sixpac de coca


Oui, c'est dans ce genre de rue qu'on trouve les pépites après les pluies, quand ça ruisselle :
Alors j'achète mes cocas et je devrais théoriquement pouvoir remonter à ma maison qu'on voit en haut à droite, là je suis devant la maison du pharamacien, mais c'est impraticable, les politicailles on envoyé un camion vider un peu de terre il y a 3 jours, et démerdez-vous avec ça :
Donc on ne peut pas passer et il faut refaire tout le tour, retourner en ville

Remonter la route des pépites
Et là on est vraiment sur la route qui fait le lien entre l'église et la rue principale, Juan Manuel Cardoso, ici la bifurquation :
Et redescendre chez moi, un havre de paix


Il manque encore le marbre par terre, mais tant que mon buste d'Auguste n'est pas sur un pillier, je ne m'en incommode pas trop...
Je vais envoyer ces photos au "véléador" en lui disant qu'elles ont déjà fait le tour de la Suisse et que si son seul pouvoir c'est de me faire citoyen de la ville, c'est qu'il n'en a aucun ou ne sert à rien. C'est souvent comme ça avec les politicailles, c'est soit des bons à rien (et en général on ne se souvient pas de ceux-là), soit des bons à pire comme Adolf ou Staline (et d'eux on se souvient), donc le véléador reste dans la case des bons à rien, genre que pendant qu'il était dans l'opposition, il pouvait gueuler et critiquer le pouvoir en place parce qu'il ne faisait rien, mais maintenant qu'il a gagné les élections, c'est un peu con, parce qu'il ne fait rien non plus mais ne peut plus gueuler sur personne. Le véléador c'est le type juste sur ma tête (non, pas le jeune à droite ni la bonne femme à gauche, le crapeau qui se planque derrière) :
Quant au nouveau préfet, il est entrain de faire démolir toute la place centrale de NS do Ouro, parce qu'il a gagné les élections l'année passée, et il a annoncé qu'il allait détruire tout ce qu'avait fait l'ancien préfet pour qu'il n'en reste aucune trace (ce qui représente 20 ans de préfecture...), va pas rester grand-chose. M'enfin, si je peux donner un peu de honte au véléador président de la chambre avec les photos des routes, je ne vais pas incommoder le préfet, c'est un type qui a quand-même un certain pouvoir, surtout sur un sans papier... mais bon, il quand-même osé poster une vidéo sur son fil instagram pour montrer qu'il aidait à débarrasser les ordures après la cavalcade du chef-lieu dimanche passé. Le type a un hélico et il veut faire croire qu'il s'occupe de la voirie, personne n'est dupe, mais ça fait bien sur son fil insta de le voir avec une pelle pendant 30 secondes (au moins il sait de quel côté se trouve le manche).
NS do Ouro, le 16 de janvier de l'an 2026 qui suit la naissance de NSJC
7ème jour sans la molécule de la bonne humeur…
Les 6 premières années que je l’ai prise, je l’ai arrêtée chaque année, en été, en vacances, en famille, quand tout allait bien, mais je n’ai jamais tenu au-delà d’une semaine…
Alors aujourd’hui, mauvaise nuit, mais due à la caïpirinha à Deo. Je lui avais demandé beaucoup de sucre, beaucoup de citron et beaucoup de glaçons, mais s’il ne peut pas mettre ses 2 décilitres de cachaça dans une caïpirinha, je pense qu’il a l’impression de voler le client, alors il a mit beaucoup de tout, mais comme ça ne tenait pas dans un verre normal, il a utilisé un plus grand verre… Et après 2 heures de sommeil, j’étais asséché, tout mon corps était trop sec, j’ai bu de l’eau en quantité, mais même ma peau semblait trop sèche, un effet de l’alcool… Message compris : même une seule caïpirinha (à Deo) est de trop ! Après avoir vu tous les médicaments que j’avais pris et que j’avais dû arrêter à cause des effets secondaires qu’ils me provoquaient, Fabrice m’avait dit : «C’est marrant, on dirait que Dieu ne veut pas que tu prennes de médicaments...»
Il avait sans doute raison le bougre, parce que cette molécule, je l’ai réclamée pendant 2 ans, et après m’avoir vu alité 22 heures sur 24 à l’hôpital, je pense que le chef de clinique a dû se dire qu’au-delà de ça, ça ne pouvait pas être pire, et il a accepté de me faire une ordonnance, … et maintenant c’est moi qui l’arrête volontairement, à peine 2 mois après, et pour l’alcool un peu pareil j’ai l’impression, même avec modération c’est compliqué...
Ceci dit, l’humeur tient le coup malgré une petite contrariété externe matinale : Il était prévu qu’on aille aujourd'hui en famille à des chutes d’eau à 60 kilomètres d’ici, un endroit fantastique pour la baignade, «piranha free», et ce matin, Vera m’annonce que la femme de mon presque voisin est décédée (Izac avait emmené le mari en moto hier à l’hôpital, mais elle n’allait déjà pas fort). Une femme qui avait beaucoup souffert. Si elle était l’égale de l’homme, elle avait vraiment perdu beaucoup de bagarres ; sinon, on pourrait dire que c’était une femme battue. Et donc Vera a annulé la sortie aux chutes d’eau parce que ça ne se fait pas d’aller s’amuser quand il y a un mort dans le quartier, du coup j’ai prié un chapelet pour elle et c’est réglé.
Malgré le changement de programme, tout a été parfait, comme d’habitude, je me suis juste renseigné un peu sur ce Liechtensteinois, eh non, il ne bosse pas pour une entreprise internationale, c’est un groupe de braconniers de l’or. Lui-même est déjà venu 3 fois ici, mais juste un mois à chaque fois, raison pour laquelle il ne parlait pas un mot de brésilien. Ils sont une équipe dans une maison, ils viennent d’un peu n’importe quel coin du monde, vont fouiller de-ci de-là, prennent ce qu’ils trouvent sans demander l’autorisation au propriétaire (c’est si vaste que les propriétaires ne peuvent pas surveiller leurs domaines), et repartent chez eux avec l’or. Moi je trouve qu’un type du Liechtenstein, un des pays les plus riches du monde, qui vient piquer l’or ici et repartir sans compensation au propriétaire… ça reste moyen moyen.
Et donc, pas tant d’actualité aujourd’hui, à part que la femme du fils de la morte a accouché aujourd’hui même, ce qui transforme un jour sombre en un jour en demi-teinte.
NS do Ouro, le 17 de janvier de l’an 2026 qui suit la naissance de NSJC
Mon songe de cette nuit, il est 04h30 du matin et ça me fait chier de rester au lit.
Oui, j’ai passé une nuit encore pire que celle de hier, difficile à expliquer, mais j’ai vu à quel point ma femme et moi on a réussi à salir et détruire la plus belle institution que Dieu avait créé avant tous les autres sacrements, exprès pour Adam : Le sacrement du mariage, il faut que j'en dise un mot !
On a passé notre vie à dire et expliquer à nos enfants les bienfaits du mariage chrétien et à la fin, on leur a montré par les faits que toutes les salades qu’on leur avait raconté ne tenaient pas face au réel. Il n’est pas question ici de savoir qui a commencé, qui a dit ou fait quoi, qui est plus responsable que l’autre, on pourrait en débattre pendant des siècles sans tomber d’accord et ce n’est pas le sujet.
Le sujet est précisément le même que toutes les politicailles que je critique pour des choses bien moins grâves que ce qu’on a fait nous-mêmes (entre ce qu'on dit et ce qu'on fait). Lorsque je disais qu’une personne en disait bien plus sur elle-même lorsqu’elle tente de définir un autre (oui, vous pouvez prendre à la lettre ma définition du président de la commune et voir qui l’a dite)… alors le vrai sujet ici, c’est qu’on part de deux personnes à priori de bonne volonté, pieuses, qui allignent les exercices spirituels, les chapelets, et qui enseignent à leurs enfants non pas l’idéal mais la réalité du mariage chrétien, sacramentellement tamponnée par Dieu en Personne, et ce qu’elles en font à la fin. C’est avec ça que nos enfants vont devoir composer !
Mais une image valant plus que mille mots, je vous la mets : Sur la route à gauche, tous ceux qui disent croire en Dieu (on ne parle donc pas des athées, agnostiques ou autres, mais de bons chrétiens qui se définissent comme tels), et sur la route à droite, ceux qui ne disent rien mais qui font la volonté de Dieu (traduction du titre : Croire ne change pas le destin, obéir change la direction. Est-ce que tu crois ou obéi ?)
Crer não muda destino. Obedecer muda direção! Você crê… ou obedece? #bíblia #fé #jesus
Il ne faut tout de même pas dramatiser outre mesure, parce que derrière toute cette affaire, Dieu a un Plan, mais Il va avoir besoin de notre bonne volonté à tous les deux pour pouvoir le réaliser, et tant qu’on marchera sur la route de gauche, … va pas pouvoir en faire grand-chose...
NS do Ouro, au petit matin, avant l'aube.