Aujourd’hui, le 5 de mars de l’an 2026 qui suit la naissance de NSJC est le jour du dépassement de mon visa touriste de 90 jours...
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53 => L’entrée dans la clandestinité…, et dans la folie ?... et encore un rêve.
Le 23/03/2026 0
Dans Actualités
Va falloir la jouer fine…
Mais bon, pas le choix que de rester, parce que malgré toute ma paperasse (truquée), si je tombe sur un douanier méticuleux à l’aéroport, eh bien en plus de l’amende de 20 francs par jour, il va me flanquer une interdiction de séjour de six mois. Et désormais, avec un casier judiciaire en Suisse, je peux oublier toutes demandes de résidence pour les 2 ans à venir. Eh oui... la baffe :-o Après 30 ans de mariage, une baffe = plus de 8’000 francs d’amendes et d’émoluments, 2 jours de prison et un casier judiciaire, comme si je faisais partie du grand banditisme. M’enfin, c’est comme ça, les femmes c’est fragile ! Et encore heureux que ce soit un procurateur qui ait jugé, parce que lorsque j’ai fait le recours et que j’ai vu la jeune juge flanquée de sa greffière, j’ai compris que la meilleure chose que j’avais à faire, c’était de retirer mon recours et d’en rester à cette modeste peine.
Par opposition, ici personne ne viendra m’emmerder pour une connerie pareille et je peux me balader en toute quiétude. Selon Vera, ici (peut-être pas à travers tout le Brésil, mais ici), il n’y a qu’un seul truc de grave qui pourrait m’attirer de vrais problèmes, et ce n’est même pas tuer quelqu’un. Elle m’a donné l’exemple d’un type qui tue sa femme. Alors oui, ce n’est pas bien, c’est même mal, et les flics vont venir, mais le gars va raconter qu’elle l’a trompé, va enrober ça dans une histoire à son avantage, la femme ne sera de toutes façons pas là pour contredire, et il ne mettra pas un orteil en prison. Le gars qui a peint ma maison avait tué 2 personnes, et hier soir, un neveu de Lia était à la maison, il parlait d’un voisin qui avait tué une vingtaine de types… mais il nous a rassuré : «Non, maintenant il a arrêté !» Un peu du genre de l’alcoolo qui arrête de boire, lui il avait simplement arrêté de tuer… Je veux dire, on habite une petite ville dont la population est comparable à ma commune en Suisse, mais si je demande à Vera qui est un meurtrier, elle va commencer à énumérer, va se perdre, va redire deux fois le même nom, et ne va pas arriver au bout du compte... Tandis que dans ma commune Suisse, on ne va même pas en trouver un seul. Alors voilà, ici tuer c’est pas si grave, la police ou le juge roulera des yeux, fera une réprimande, et ça n’ira pas tant plus loin. Le problème dans ce pays, c’est que je fais exactement ce qui est sévèrement sanctionné, bien plus qu’un meurtre, et ce n’est pas de vivre au Brésil sans papiers… donc je ne vais surtout pas le dire sur l’internet !
De toutes façons, je n’ai pas la tête à ça, parce que ces derniers jours, il ne fait que pleuvoir, on a été aujourd’hui au chef-lieu en voiture, la route n’est plus une route, le rio da Caixa affleure le bas du seul pont qui nous relie au premier endroit administré, et s’il continue de pleuvoir, on n’aura plus de pont, on sera réellement coupé du monde.
Le bon point dans cette affaire, c’est que je vois que le mur de mon maçon tient le coup, que la rivière qui passait sur mon terrain n’y passe plus. Par contre, tous les murs de ma maison sont imbibés d’eau jusqu’à 50 centimètres du sol, tout est tellement humide. Ma boite à cigare avec les sachets censés maintenir le tout à 72 % d’humidité est plus sèche que l’extérieur... Et surtout, ça fait des nuits et des nuits que je ne vois plus une seule étoile, et ça, c’est rude !
Avant-hier, après la sieste, il y a eu une éclaircie, une percée de soleil, je me suis dis que j’allais peut-être avoir le temps de prier mon chapelet sous le soleil pour mon psoriasis, mais à peine le matelas installé et moi couché dessus qu’il recommence à pleuvoir. J’avais même pas fini le «Je crois en Dieu», je suis en slip, et il me pleut à verse dessus. De guerre lasse, je me suis dis : «Tant pis, au lieu de prendre le soleil, je vais prendre la pluie», et je suis resté une demi-heure à prier mon chapelet sous une pluie battante, failli me noyer en plein air...
Les routes ne ressemblent plus à rien, tout est creusé par les ravines de tous côtés, certaines ne sont même plus praticables en voiture, il faut la moto-cross, et je sens aussi que le moral est en berne. Pour être franc, je ne sais même pas si le moral est réellement en berne, mais je constate de moi-même que mes 22 heures de solitude sur 24 ne me suffisent plus, je me rapproche gentillement de 23 heures sur 24. Même Vera me demande ce que je peux bien trafiquer dans ma maison, mais je lui ai répondu que j’ai un programme très chargé (faut laisser planer le mystère). En réalité non, le programme n’est pas vraiment chargé, mais je crois que la mésosphère est encore plus solitaire que la stratosphère. La vérité, c’est que même si je ne fais rien de mal, j’ai de plus en plus de peine à supporter les interactions humaines.
Parce que si j’analyse un peu la situation sans masque ni maquillage : Je suis un misogyne patenté (dans le genre que je ne comprends pas encore pourquoi on a donné le droit de vote aux femmes, elles se trompent une fois sur deux), un homophobe (et ça c’est rien de le dire), un antisémite (ce qui semble être une obligation morale pour un chrétien), un islamophobe, un hindouphobe, un cathophobe, sûrement même un peu raciste sur les bords aussi, mais surtout un humanophobe. Oui, c’est sûrement peu courant comme phobie, contre une espèce d’êtres bipèdes, qui raisonnent, qui pensent et qui parlent, des créatures insupportables pour la plupart d’entre elles. Le problème c’est qu’il y en a un peu partout, sauf à Riacho Fundo. En cela, les animaux ont un avantage énorme, parce que même si d’aventure ils raisonnaient, pensaient et parlaient, eh bien on ne capte que dalle de ce qu’ils racontent, donc ça reste inoffensif et bucolique. Mes sorties en ville ne sont dictées plus que par la nécessité, et d’ailleurs toutes mes sorties aussi : je vais chez Vera parce que je n’ai pas encore trouvé la solution pour vivre sans m'alimenter…
Alors ici, dans mon ermitage, je suis à l’abri de tout. Sauf de moi, parce qu’il m’arrive aussi de raisonner, de penser, et même de m’énerver contre moi-même. Du coup, j’essaye de raisonner le moins possible. Je suis sans doute aussi un peu moi-mêmeophobe. Mon heure de prédilection, c’est l’heure de mon cigare, je mets un peu de bonne musique, je crapote, je regarde ce qui se passe mais je m’en fout de tout. Ce soir il y a eu une perturbation durant cette heure de crapotage : Izac s’est pointé mais lui ça va, il est cultivé et on a pu causer un peu de la future augmentation du franc suisse. Ben oui, plus la guerre sera longue et sanglante, plus l’or et le franc suisse monteront, plus ça me donnera du pouvoir d’achat, merci Donald. Mais après s’est pointé Chique, le gars qui avait sauté le muret que je voulais faire électrifier, mais au lieu de ça je l’ai fait augmenter à 4 mètres de haut et plus personne ne passe par là. Donc le type entre par le portail, commence à discuter avec Izac de la cuisson des viandes pour les grillades, et là c’était réglé, je n’ai plus sorti une seule syllabe de ma bouche, les ai laissé parler cuisson pendant la demi-heure qui me restait à crapoter, tranquille, en slip sur ma chaise longue, avec mon thé camomille, totalement déconnecté dans mon nuage de fumée.
Malgré tout ça, il me reste un ami proche, toujours présent, c’est Jésus
...et à force de le côtoyer, j’ai de plus en plus l’impression qu’il n’est pas venu sur la terre créer une religion, mais une relation. La religion est juste arrivée à nous faire culpabiliser pour nous faire marcher droit et aller à confesse si on marche penché, mais je Le vois, Lui et son Amour, et Il a déjà tout pardonné, tout payé sur la croix. Si notre désir est d’avancer vers Lui, il n’y a pas besoin de confessions ni de pénitences, tout est déjà pardonné. Si notre désir est de lui tourner le dos et d’aller dans la direction contraire, Il ne va pas nous en empêcher non plus. Du coup, je me demande à quoi ça rime ces histoires… ? Oui, on peut bien confesser ses péchés chez un curé, mais de quel droit il ose nous dire : «Tu feras 10 Ave Maria et 5 Pater Noster !» ??? C’est ridicule, parce que c’est déjà payé et pardonné avant même d’ouvrir la porte du confessionnal. Alors soit le curé a un peu de jugeote, qu’il arrive à percevoir les mécanismes qui nous mènent à tel ou tel péché et qu’il nous met en garde contre ceci ou cela, oui, ça vaut sûrement la peine de le dire. Mais donner une pénitence alors que tout a déjà été payé ? Il veut quoi de plus ? Un pourboire sur le coin de la table ?
Non, moi je pense qu’il n’y a que ça de vrai : on peut bien faire ou mal faire, l’Amour du Christ surplombe tout, et Jésus veut tout sauf la culpabilité, il veut notre amour en retour, rien de plus.
Mais comme les gens sont compliqués, qu’ils préfèrent la justice à l’Amour gratuit et inconditionnel, les religions se sont adaptées et ont fait compliqué parce que les gens sont comme ça.
Et me voilà déjà fatigué d’écrire, de raisonner et de penser, il fait nuit, je vais aller voir sur ma terrasse si ça s’est un peu dégagé pour rester tranquille sous les étoiles.
…
Eh bien non ça ne s’est pas dégagé, la seule chose que j’entends depuis ma terrasse, c’est le barrage de NS do Ouro qui déborde. Il pleut tellement que ça a provoqué un black-out dans la ville de midi à 20h00 ! Plus de routes, plus d’électricité, plus d’internet, des bougies pour manger le soir, c’était sympa, je me croyais revenu à Riacho Fundo en 1992 !
Bon, eh bien je ne vais pas continuer cette actualité, le moral est en berne ou du moins je sens que le tonus vital est proche de zéro. Finalement, je pense quand-même qu’il faut souffrir pour progresser dans les sphères :
La troposphère c’est pas trop compliqué, ça reste le monde des hommes
La stratosphère nécessite beaucoup de solitude et pas mal de souffrances pour se détacher de tout ce qui fait le monde des hommes.
La mésosphère, … je ne sais pas trop quoi en dire, c’est peut-être ce qui tue notre volonté, comme un entre-deux, on perçoit encore le bruit du monde, et on ne perçoit pas encore la sphère purement spirituelle, c’est une sorte de vide, aussi bien de distractions que spirituel.
Après ça il reste quoi ? La thermosphère…, l’altitude des aurores boréales, ça a l’air déjà plus engageant, avant de sortir pour de bon avec l’exosphère.
Je ne sais pas trop, Jung disait que presque personne ne pouvait tolérer une individuation complète, parce que même si on arrive à ce stade (cette sphère), on ne peut plus faire marche arrière parce qu’on ne sera plus jamais le même qu’avant, mais qu'une fois là, tout le monde se créer une nouvelle Persona, un nouveau masque social, personne ne peut supporter volontairement une mise à ban complète de la société.
Moi j’observe le phénomène par rapport aux nombres d’heures passées en interactions sociales, et à 23 heures sur 24 de solitude, me semble que je suis pas mal. Mais il avait raison, le N° 50 de ces actualités montre bien la tentation de recréer une nouvelle Persona, un nouveau masque.
Enfin bref, je vais continuer de gravir des sphères, me semble que c’est mon seul chemin valable, même si je me demande bien ce que Dieu va bien pouvoir faire d’un type pareil ? Si ça se trouve, je vais devenir comme Zarathoustra : monter sur la montagne, y rester 10 ans, trouver une bonne idée, redescendre chez les hommes pour leur partager la bonne idée, et repartir sur ma montagne…
Eh oui, on en est là.
NS do Ouro, le jour du dépassement...
La folie ?
Peut-être que tout ce que je raconte ici, c’est que des salades et que la réalité, c’est que je m’enfonce chaque jour un peu plus dans la folie… ?
Je perçois ce mouvement de l’âme, de ma personne, qui se fiche trop de tout, ça en devient vertigineux. Je viens de débaucher Izac de son travail qu’il occupe depuis 8 ans à l’école, il s’agit aujourd’hui de son dernier jour de travail. On a un projet en plein centre de NS do Ouro, Vera a hérité de la maison du grand-père de Zéca, un des premiers chercheurs d’or de la ville, et donc la situation est des plus centrale. Elle a toujours voulu y faire quelque chose, un magasin ou quelque chose d’intéressant, et vu qu’elle a sacrifié sa vie pour Lia, je lui ai dit que j’allais lui construire ce qu’elle a besoin pour arriver à ses fins. La situation est idéale, mais la maison est à détruire entièrement pour faire quelque chose d’aguichant.
Mais ce soir, j’ai bien vu que je n’allais pas pouvoir m’intéresser à ce projet plus que ce que je me suis intéressé à ma propre maison (c’est à dire peu). J’ai donc organisé une réunion avec Izac et et Vera pour leur dire que je ne suis pas en mesure de mener à bien un tel projet, parce que je ne sais même pas où j’en suis, je navigue entre deux mondes. Alors l’idée, c’est de mettre Izac à la tête du projet, parce que lui il y croit et a les pieds sur terre, il va aider le maçon et bien se démerder pour commander tout le matériel et le personnel nécessaire. Comme excuse, ne sachant pas trop qu’inventer, je me suis contenté de dire la vérité : Je suis déconnecté du monde et de ses préoccupations, tant que j’ai mon chez-moi confortable, je n’arrive pas à penser plus loin.
Il y a un problème d’abysses : je suis dans un endroit, et entre mon moi et le monde tel qu’il tourne, il y a comme un abysse infranchissable. Peut-être que je suis complètement entrain de péter les plombs, ...même si je me rassure en me disant que tant que je maîtrise mon self-control, que cela n’est détectable par personne, eh bien je suis juste un type un peu perché qui ne s’intéresse pas tellement aux choses du monde, mais qui a quand-même l’air équilibré. A l’intérieur il n’y a que le vide, le désintérêt, aucune distraction, même la guerre n'est plus à même d'attirer mon attention, reste un seul regret humain qui s’apparente à un souvenir lointain : la douceur de la peau d’une femme, un baiser, j’ai expérimenté ça il y a très longtemps et il me reste le souvenir que c’était agréable. Mais comme je respecte les femmes autant qu’elles doivent se respecter elles-mêmes, je n’y aurait plus jamais droit, faut me faire à l’idée. A part ça, eh bien oui, je vois bien que tout le monde est occupé ou préoccupé par mille trucs sûrement très intéressants mais qui ne m’intéressent plus, c’est comme si je glisse vers une autre réalité.
Pour dire, à part mes musiques d’un autre temps et d’un autre monde pendant que je crapote mon cigare sur ma terrasse, je me fiche de tout. Aujourd’hui, le soleil est revenu, ce qui m’a permis de prendre un bain de vitamine D, mais après tant d’humidité et le soleil droit derrière, je vous laisse imaginer le nombre de moustiques. Eh bien même de ça je me fous, tant que j’ai ma musique, mon cigare, elles peuvent bien piquer, piquer et piquer, ça ne fait pas si mal, et les démangeaisons partent après même pas une demi-heure, donc je laisse faire et ne m’en préoccupe pas non plus.
En dehors de ça, je me suis mis à lire la biographie d’un type qui a existé dans l’antiquité et qui a eu une petite renommée en son temps, le bouquin est un best-seller mais je pense que personne ne le lit réellement, ça s’appelle «la bible». Au Maroc j’avais essayé l’ancien testament, l’année passée à Riacho Fundo j’avais lu les «actes des apôtres» et «l’apocalypse», et là j’en viens à la vie de l’individu lui-même : «les évangiles».
Et donc je ne m’intéresse pas assez à ce qui intéresse les gens pour être à la hauteur, je lis des trucs que personne ne lit, je glisse vers une réalité improbable, et je me demande si je suis entrain de devenir fou tout en me rassurant que tant que ça ne se voit pas de l’extérieur, ça doit être bon...
M’enfin, me voilà libéré de tout, je ne suis que le Suisse qui s’est construit sa maison là-bas sur son promontoire, on le voit passer de temps en temps, Vera et Izac on un projet en centre ville, ils le font, et à ceux qui demanderaient d’où vient l’argent, consigne est donnée à Izac de répondre : «De mon compte en banque», ce qui est vrai aussi, parce que sans papiers ni CPF, il ne peut pas sortir d’un compte qui n’existe pas...
Me voilà donc soulagé de cette affaire, je ne me voyais pas du tout aller expliquer au maçon ceci ou cela, Izac sera sur place à demeure, il fera tout le nécessaire, et s’il y a un problème, il n’a qu’à menacer de téléphoner à Vera, tout le monde a peur de Vera, Lia lui a forgé un caractère d’acier !
Pour mon compte, je ne sais pas, je ne sais plus, il me semble que j’ai eu une famille jadis, mais tout ça est si loin que je dois rappeler chaque soir mon ange gardien d’aller remercier celui de Sissi, celui de Daniel, celui de Raphaël, celui d’Emma, celui de Samuel pour leur dévouement. Le fait d'énumérer, ça créer non pas une sorte de proximité, mais ça me rappelle au souvenir d'un monde englouti dont il en reste encore sûrement quelque chose. J’ai quelques contacts WathsApp et e-mail, mais je ne contacte plus. De là où je suis, l’Empire State Building n’est qu’un point au milieu de plein d’autres, il n’y a même plus d’étages, juste le vide et parfois, l’écoute d’une connerie sur Youtube, genre d’enseignement inutile.
Et puis je suis trop fatigué, comme si je traversais une mue qui me pompe une quantité d’énergie que je ne sais même pas comment c’est possible.
Allez, bonne nuit.
NS do Ouro, le 6 de mars de l’an de grâce 2026 qui suit la naissance de NSJC
Encore un rêve, mais encore plus bizarre que d’habitude…
Hier matin, j'en ai fait un autre, mais il concernait ma femme et c'était romantique, alors je raconte pas.
Et donc cette nuit, je suis à l’hôpital (décidément, ça doit être ma résidence secondaire), mais là je suis au deuxième étage, ce qui veut dire que ça fait au moins trois jours que j’y suis, puisque quelques soient les bobards qu’on leur raconte à l’arrivée, ils nous casent toujours les 2 premiers jours au rez-de-chaussée. Ma mère m’écris tout un système informatique pour ne pas oublier les dates d’anniversaire des membres de ma famille, je capte la combine et me met au lit.
Mais au milieu de la nuit, je respire des fumées qui entrent par la fenêtre, je regarde et aucun bâtiment en feu, ça doit être un coup des iraniens (ceci dit, cette guerre est encore plus nulle qu’un match de foot, on voit les missiles tomber, toucher, les explosions et même le bruit, mais aucune image du sol. C’est un peu comme si pendant le match, tu vois le type tirer, tu vois la trajectoire du ballon, mais tu ne le vois jamais dans les filets, ni la tronche que tire le gardien, ni celle de celui qui a marqué... Il y a quelques temps, lorsque l’Iran avait envoyé 180 missiles sur Israël, ils s’étaient fait forts de montrer l’impact dans la cour d’école, les fenêtres brisées, et le lendemain, le trou bouché et les fenêtres remplacées, donc il y avait une suite à l’histoire. Tandis que là : rien ! Tous les missiles tombent dans le désert ou sur une ambassade US, coup de bol. Bref, une guerre nulle, aucun panache, aucun spectacle, circulez, y’a rien à voir !)
Mais revenons à nos moutons, donc je rêve et je suffoque, mais l’infirmier se pointe et me dit que je dois rejoindre de toute urgence la maison, c’est mon paternel qui convoque ! Alors bon, ce n’est pas tout à fait dans la maison de mon paternel mais un peu en dessous, une maison que je ne connais pas mais qui visiblement est la mienne, parce qu’il y a plein de monde et tout le monde semble soulagé de me voir arriver.
Grands mouvements de robes rouges et noires, des curés de-ci de-là, et là, mon paternel qui me fait les présentations : «David, je te présente le pape François, il a demandé l'hospitalité...» Et là c’était très étonnant, parce que dans mon idée, Franciscole était un type plutôt corpulent, costaux, mais là il était petit comme un enfant. Je le salue et il monte justement sur une chaise pour enfants, ces chaises dont on rabat un plateau devant pour y mettre la nourriture. Seulement que sa chaise à lui, elle faisait trois mètres de haut, donc le pape grimpe tous les échelons, s’assoit tout en haut, rabat le plateau devant lui, sort quelques pages de sa mallette, et là je me dis que c’est la bonne occasion pour lui raconter mon petit délire papal de l’année passée.
Je passe sous silence son excommunication pour ne pas partir du mauvais pied, mais je lui raconte tout le reste, tout ce qui est écrit sur ce site, la prévision qu’il allait tomber malade, aller à l’hôpital et mourir sans même les derniers sacrements. Et quand j’en arrive là, au lundi de Pacques, les gens qui me disent : «Mais tu t’es trompé, le pape n’est pas mort, tu vois bien, il parade sans sa papamobile sur la place Saint Pierre !» Et je leur réponds comme sur ce site : «Oui, Dieu lui offre un dernier tour de piste, mais c’est comme s’il était déjà mort, il est cuit»… Et là je tilte, parce que je vois bien que le François sur son immense chaise pour bébé n’est pas mort du tout ! (et pourtant j’ai même vu sa tombe à Rome en vrai…). Enfin, je continue à suffoquer, je ne sais pas ce qui se passe, François me dit qu’il n’est pas mort mais moi je perds le fil, Léon n’existe pas, alors je commence à m’embrouiller dans une sorte d’explication improbable, et tout à coup je le regarde, il n’y avait plus ni chaise de bébé ni François, juste des espèces de techniciens qui remballaient leur matériel, rallonges électriques, caméras, micros etc, et moi je continue à parler mais personne ne m’écoute ni ne comprend de quoi je parle ?
Et là je suffoque trop, j’ai la gorge sèche, il faut à tout prix que je boive, et je ne sais même plus où je suis mais je sais où est l’interrupteur, alors j’appuie dessus, et je vois que je suis dans ma chambre au Brésil, me voilà soulagé.
Il était 5 heures du matin, et j’ai compris d’où venait toute cette soif et suffocation : j’avais oublié d’enclencher mon air conditionné. Il a tellement plut ces derniers jours que je n’en ai pas eu besoin, le climat avait fraîchi un peu, et en fin de nuit, je me réveillais plus souvent parce qu’il faisait frisquet, alors je mettais le haut de mon pyjama et cherchais un petit drap pour me couvrir. Mais avec le retour du beau temps, sans la clim, la chambre baignait dans une moiteur et une chaleur insupportable. C’est ce qui m’a réveillé et j’ai été boire, pas d’iraniens en vue ni aucune fumée, juste la soif.
Interprétation du rêve :
François n’en avait rien à cirer de mon délire, la seule chose qui captivait son attention c’était quand je parlais de lui. Au niveau de la taille, il devait faire maximum un mètre de haut, donc un petit bonhomme, mais au niveau de la chaise, il fallait qu’il surplombe tout le monde, un problème d’égo je suppose. Et l’impossibilité totale de me souvenir de sa mort, de Léon, comme s’il vivait encore à travers Léon, qui, comme l’a témoigné un cardinal un peu après le conclave, était la créature de François, les seuls qui ont voté contre Prévot (Léon) sont ceux qui se sont trompés.
Enfin bref, voilà, sacré délire… Ceci dit, aujourd’hui, beau temps à nouveau, bain de vitamine D ce matin, mais moral toujours dans un vide abyssal.
NS do Ouro, le 7 de mars de l'an de grâce 2026 qui suit la naissance de NSJC
Ruine de la volonté ou décompensation ?
Alors je me souviens un peu plus précisément du rêve de hier, Franciscole a décroché lorsque je lui ai dit qu’il était mort, qu’il y avait eu le conclave, et que soit Jésus allait apparaître au milieu des cardinaux pour leur dire quel nom inscrire, soit Dieu allait magouiller les noms directement dans l’urne, et je le vois bien maintenant sur sa chaise qui hurlait : «Mais c’est impossible, mais c’est impossible» !, après ça je ne l’ai plus revu et sont apparus les techniciens qui remballaient leur matériel.
Ceci dit, je mettais le moral sur le compte du mauvais temps, mais là ça fait 3 jours qu’il fait beau, et ça ne change pas, je suis perdu, je n’ai plus aucune volonté ni désir, lessivé, état clinique, communication quasi impossible, le néant. M’est avis que la mésosphère c’est plutôt lumineux, tandis qu'ici c’est la vallée de l’ombre de la mort, plus aucune lumière, … mais Sa houlette et Son bâton me rassurent, rien ne saurai m’arriver.
NS do Ouro, le 8 de mars de l’an de grâce 2026 qui suit la naissance de NSJC
24h sur 24 pour aujourd'hui...
Je marche à la droite de l'Eternel mon berger, rien ne saurai m'arriver.
Il me fait reposer dans de verts pâturages, Il me dirige près des eaux paisibles.
Il restaure mon âme, Il me conduit dans les sentiers de la justice, A cause de son nom.
Quand je marche dans la vallée de l'ombre de la mort, Je ne crains aucun mal, car Tu es avec moi: Ta houlette et ton bâton me rassurent.
Tu dresses devant moi une table, En face de mes adversaires; Tu oins d'huile ma tête, Et ma coupe déborde.
Oui, le bonheur et la grâce m'accompagneront Tous les jours de ma vie, Et j'habiterai dans la maison de l'Eternel Jusqu'à la fin de mes jours.
NS do Ouro, le 8 de mars de l'an 2026 qui suit la naissance de NSJC
Quoique j’ai pu en dire ci-dessus…
Tout bien pesé et examiné, …je crois finalement que la souffrance est un élément absolument essentiel à quelque progression spirituelle que ce soit. Mais il y a une astuce avec cette affaire : si on en reste à récriminer, se lamenter et rouspéter, on ne va pas aller bien loin, on risque même de tomber dans les griffes d’un toubib ou quelque chose d’apparenté. Alors l’astuce c'est d’accueillir la souffrance avec gratitude et confiance, sachant que Dieu gère cette affaire au mieux pour notre plus grand profit. Parce qu'à la fin du compte, Il restaure mon âme pour me diriger près des eaux paisibles où je pourrai me reposer dans de verts pâturages ;-)
NS do Ouro, le 10 de mars de l’an 2026 qui suit la naissance de NSJC
La situation pourrait se compliquer un peu…
Parce que maintenant, alors que je ne cherche même plus à m’intégrer, il y a des gens qui voudraient m’inviter. Ils ne peuvent pas le faire directement parce que je n’ai aucun moyen de communication, alors ils demandent à Vera qui ne peut que répondre : «Mais nous aussi on aimerai le voir plus souvent, mais il apparaît pour manger, il allume la pipe à Lia, et il se retire dans sa maison, ...solitaire».
Les gens aimeraient que je leur explique un peu la Suisse, le monde, des choses comme ça, et la seule à qui j’ai parfois envie de parler, c’est à Vera, mais la plupart du temps je laisse tomber. Il y a encore 2 semaines, je savais comment manœuvrer les gens, de quelle manière me faire «percevoir», et aujourd’hui tout ça est en ruine, je n’arrive plus à communiquer, ou alors au prix de grands efforts.
Seul sur ma terrasse, je ne suis pas tant plus heureux, mais au moins je n’ai aucun rôle à jouer. En fait, je ne sais pas, je pense que lorsque Jung parlait d’individuation ou que je parlais de complétude, tout ça c’est que des salades, parce que la vérité, c’est que je ne suis pas fait pour ce monde-là. Et même si je m’imagine rentrer en Suisse (ce qui n’est administrativement plus possible), je sais que je ne vais rien y trouver de mieux que ma terrasse, à part une infirmière de 25 ans qui va agender 20 minutes pour écouter les conneries que je voudrais bien lui raconter, donc ça ne sert à rien.
Alors il faut accepter cette souffrance de savoir et de sentir que ce monde, qu’il soit hyper-civilisé comme en Suisse ou complètement à la ramasse comme ici, n’est pas mon monde, j'y suis un étranger où que je sois. Tout ce que j’avais de précieux en ce monde-ci m’a été retiré par la justice, il ne me reste plus que Dieu. Et en définitive, je crois bien que c’est ma meilleure option. Ici au Brésil, ils ont une sorte d’assurance santé qui ne rembourse pas les médicaments, mais qui donne au moins accès à un hôpital, mais Vera m’a prévenu, avec cette assurance, t’as la garantie de pouvoir rester sur un brancard dans le couloir de l’hôpital, rien de mieux. Tandis que si t’as même pas ça et aucun papier brésiliens, tu n’entres même pas. Alors oui, l’Éternel est mon Berger et rien ne saurai m’arriver, c’est mon assurance la plus sûre.
NS do Ouro, le 11 de mars de l'an de grâce 2026 qui suit la naissance de NSJC