Aujourd’hui, j’ai dû prendre une décision épineuse : porter l’estocade finale à l’école de théâtre de ma femme ou laisser faire la loi naturelle du karma.
Je ne calcule même plus ce que m’a coûté la baffe que je lui ai collée le 8 juin 2024, le seul mouvement d’humeur que j’ai eu de toute ma vie d’adulte. Je n’ai jamais frappé personne depuis mes 13 ans. Je sais que cette baffe m’a valut 2 plaintes, civile et pénale, deux bagnoles de flics au camping un samedi après-midi de juin devant tout le monde + toute l’après-midi à l’hôpital et 840 francs d’ambulance, relâché sur le trottoir devant l’hôpital sans moyens de rejoindre ma voiture et caravane à 40 kilomètres de là. Ensuite, lorsque j’étais réellement à l’hôpital parce que j’en avais besoin, 2 flics de la cantonale qui se pointent là le 3 septembre 2024 pour me donner une lettre avec 150 papiers d'avocat à l’intérieur + une ordonnance de justice de 8 pages (sans écouter le point de vue du suspect), une interdiction d’approcher de ma maison à moins de 100 mètres, tout ça bien sûr provisoirement (un provisoire qui a duré 13 mois parce que comme c’était des mesure super-provisionnelles, c’était temporaire jusqu’à ce que la juge écoute le point de vue du suspect...), et pour finir, des amendes et émoluments pour des milliers de francs, 2 jours de prison, et donc un casier judiciaire qui m’empêche de sortir du Brésil… Oui, parce que si je sors en étant clandestin comme je le suis actuellement, je vais me voir infliger 20 francs d’amende par jour de dépassement de mon visa et une interdiction de revenir sous 6 mois. Mon nom a été salit au niveau judiciaire jusqu’en juin 2027, donc hors de question de sortir du pays jusque là, parce que si je veux revenir et qu’ils me chopent malgré tous mes papiers falsifiés de la police fédérale, il sera impossible de faire une demande de résidence avec un nom salit par un casier judiciaire (qui sera à nouveau propre en juin 2027, donc à cette date je pourrais rentrer en Suisse et faire ma demande de résidence sans soucis).
Donc en fin de compte, cette baffe m’a coûté des milliers de francs, des tracas de justice, de police, d’hôpital et de docteur, ...et pour finir l’exil, parce qu’il n’y a qu’ici que je sais que je peux être tranquille sans qu’aucune autorité ne vienne m’emmerder parce que j’ai pété de travers.
Parce que vous savez, quand on traîne un dossier psychiatrique de 10 centimètres d’épais et que la personne qui veut nuire sait où on est, eh bien il lui suffit de faire le 144 et dire que machin va se suicider et ils envoient la cavalerie : flics et ambulance !, et c’est nous qu’on doit payer, parce que d’après la doctoresse de l’ambulance, s’ils font payer à ceux qui se font du soucis et qui appellent, eh bien ils n’appellent plus !
Donc l’exil dans un bled au fin fond de l’Amérique du Sud qui n’a aucune autorité, ni bâtiment communal, ni poste, ni même de l’eau courante genre canalisation, rien de rien, ça me semblait l’endroit le plus sûr du monde pour moi.
Voilà, ça c’était juste le préambule pour vous dire qu’aujourd’hui, je pourrais nourrir l’idée de me venger… Mais j’ai prié ce soir un chapelet sous les étoiles et j’ai décidé de rendre le bien pour le mal.
L’affaire se présentait comme ça : Jusqu’en 2023, j’ai écris environ 200 pièces de théâtre pour l’école de ma femme, des petites pièces pour 12 groupes d’enfants de 4 à 18 ans. Donc c’était une écriture très encadrée, il fallait adapter le langage à l’âge de chaque groupe, et dans chaque groupe, attention, il y a tant de filles et tant de garçons, donc distribuer correctement les répliques, et attention, dans ce groupe il y a un garçon qui est très doué, faut lui donner plus de texte, dans ce groupe-ci c’est deux filles qui sont fantastiques, il faut faire reposer le scénario sur elles, etc. Donc une écriture assez contraignante, mais un bon exercice tout de même. Par contre, lorsque ma femme s’est entichée d’une collabo, il fallait en plus que ce soit politiquement correct, j’ai vécu la censure pour des broutilles, ça chipotait à tout bout de champ et je m’adaptais, enfin, je veux dire, je me réduisais sans cesse jusqu’au format acceptable par la collabo.
En juin 2024, deux jours avant la baffe, j’ai été voir leur spectacle, et là j’ai vu que ça n’allait pas du tout : un public atone, quelques rires qui ricochaient de-ci de-là, et après 20 minutes, le premier truc politiquement incorrect lorsqu’un enfant parle de payer au noir du travail au noir ! Alors là, comme une sorte de grand soulagement parmi le public qui a ri de bon cœur à quelque chose d’aussi anodin.
Mais c’était terrible, au point que j’ai écris à ma femme et à sa collabo la critique la plus sincère que j’ai pu et que personne d’autre que moi n’aurai pu faire. A la base, c’était pas pour dire du mal, mais pour leur dire ce qui n’avait pas été. Mais je n’aurai pas dû, parce que ça s’est retourné contre moi, c’est ressorti devant la juge pour montrer à quel point je les harcelais par des moyens de télécommunication abusifs (e-mail).
Alors quoi ? A l’époque, elles avaient tellement d’inscriptions qu’elle bourraient une quinzaine d’élèves par classe pour un total de 12 classes et elles faisaient des représentations publiques dans des théâtres de 400 places, 3 représentations durant le premier week-end de juin à guichets fermés.
Maintenant, les choses ont changé, mais pour fêter les 20 ans de leur école de théâtre, elles n’ont rien trouvé de mieux que ressortir des pièces que j’avais écrit en 2019 et 2020, qui avaient eu du succès, sans me demander l’autorisation et sans même me citer dans les remerciements à la fin, rien, nada, j’ai été effacé ! Ceci dit, ma femme vient d’Europe de l’Est, donc Staline qui efface après coup des gens sur des photos, elle connaît la méthode...
Ceci dit, là elles tombent sous le coup de la propriété intellectuelle, j’ai ces pièces dans mon ordinateur avec les dates auxquelles elles ont été écrites, elles ont reçu un courrier de mon représentant en début avril pour les mettre en garde de ne pas utiliser mes écrits sans autorisation, un autre courrier en début mai pour les mettre en demeure. Et aujourd’hui, mon représentant m’a envoyé la demande qu’il allait faire à la juge pour qu’elle prenne des mesures super-provisionnelles urgentes parce qu’elles vont réellement faire jouer ces pièces le 31 mai. Et les mesures super-provisionnelles c’est ce qu’on fait lorsqu’on a plus le choix, que c’est la dernière minute, ma femme avait été voir son avocat le 2 septembre 2024, et le 3 septembre, les flics m’ont emmené toutes ces pages d’ordonnance à l’hôpital parce que je sortais le 5. Donc c’est très rapide et je pourrais faire la même chose, il a déjà rédigé la demande, il n’y a plus qu’à déposer demain, et le 31 mai, les flics interdiront l’entrée !
Mais ça c’est uniquement si je voulais me venger de quoique ce soit. Parce que moi, ce que je vois, c’est qu’au lieu de 12 classes, elles n’en ont plus que 9, et donc elles ne doivent pas bourrer 15 élèves payants par classe, et au lieu de jouer 3 fois dans un théâtre de 400 places, elles vont jouer ça dans un local associatif où on peut mettre au maximum 120 ou 130 chaises en bourrant un peu, et au lieu de 3 représentations, il n’y en a plus que 2, le dimanche après-midi et dimanche soir…
Rien que de l’écrire, ça me fait de la peine.
Mais bon, à force de policer et de jouer le politiquement correct, on fini par n’attirer plus que des intellos et autres pisses-froid, donc elles se sont déjà sabordées toutes seules et je ne serai pas le type qui porte l’estocade, le coup de grâce final à cette école de théâtre, autrefois florissante, aujourd’hui moribonde… Ma foi, c’est la loi du karma, j’ai même pas besoin de m’en occuper, ça se fait tout seul.
Et donc je suis désolé pour mon représentant qui a déjà tout rédigé aux petits oignons pour obtenir ces mesures super-provisionnelles, 6 ou 7 pages à déposer au greffe demain, je vais lui dire de ne pas le faire et suis désolé pour lui, mais je vais rendre le bien pour le mal, c’est comme ça que je veux être et que je veux vivre !
D'après le spectacle que j'ai eu droit à la fin de mon cigare du soir, on va interpréter que Dieu est d'accord avec moi :
Enfin bref, si l’envie vous venait de vouloir les encourager, je vous invite à aller voir les représentation Tout’Art au centre RLC de Sion le dimanche 31 mai, ça leur fera chaud au cœur, parce que si elles n’arrivent pas à remplir une salle pareille, ce sera vraiment la fin des haricots !
NS do Ouro, le 27 de mai de l'an de grâce 2026 après la naissance de NSJC