La mère patrie reste toujours la mère patrie, elle nous donne notre première identité, je le vois bien ici où je suis «Le Suisse de NS do Ouro», et elle est difficile à repousser d’un revers de main.

Le 05/09/2026 0
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La mère patrie reste toujours la mère patrie, elle nous donne notre première identité, je le vois bien ici où je suis «Le Suisse de NS do Ouro», et elle est difficile à repousser d’un revers de main.

... puisque j'ai regardé quelques vidéos sur les expatriés, je me rends compte que l’exil est beaucoup plus facile que de s’expatrier, parce que si le 90 % des expatriés à Lisbonne rebroussent chemin en moins d’un bail, que la moitié des expats en Thaïlande ne finissent pas non plus les trois premières années, eh bien je me dis que l’exil est plus facile, enfin non, pas plus facile mais plus sûr.
Parce que les expats, ils ont déjà été moult fois dans le pays désiré faire des repérages, ils l’ont d’ailleurs choisi (contrairement à moi), ils ont échafaudé leur projet sur des années, ils partent en couple, voire en famille, et malgré tout, eh bien ce qui les attends, c’est autre chose que des vacances, c’est une nouvelle vie à mener dans un endroit où ils n’ont aucun repère, aucune racine, aucune amitié, aucune famille (contrairement à moi), culturellement décalé, sans parler la langue, et ils se rendent vite compte que passé le délai des noces, eh bien leur pays d’origine, leur culture, leur famille restée derrière leur manque, donc au bout d'un moment ils font machine arrière.
Dans le cas d’un exil comme le mien, ce n’est pas plus facile parce que les problèmes sont les mêmes, mais c’est plus sûr parce que d’une certaine manière, comme Hernan Cortès, quand on a brûlé ses navires, eh bé, plus trop le choix, et ce, quelques soient tes envies. Eh puis, il faut bien le dire, tous ces expatriés n’ont à priori pas de problèmes psychiques, tandis que je trône dans le top ten de l’OMS (à la 6ème place paraît-il). Oui, ... vu que maintenant c'est moi qui doit tout gérer, je me suis enfin un peu intéressé à ma maladie, histoire de me faire des ordonnances qui ont quand-même un peu d'allure. Non, je déconne, je n'ai pas besoin de faire des ordonnances, la pharmacie me vend tout ce que je veux sans qu'un médecin ne perturbe le processus. Mais bon, en m'y intéressant un peu, j'ai vu qu'il y avait deux sortes de troubles bipolaire, et qu'ils ont changé le nom parce qu'avant, ça s’appelait "psychose maniaco-dépressive", mais comme il y avait des maniaco-dépressifs des deux sortes qui ne développaient pas de psychoses, ils ont réduit à "troubles bipolaire", … et puis c’est moins stigmatisant (la belle affaire) ! Enfin bref, dans le registre, j'ai eu droit au full options : bipolaire 1 avec phases mixtes et psychose prédominante en bonus (le prototype du vrai bon bipolaire selon mon premier médecin, un cas d’école). Ceci dit, il faut tout de même dire que lorsqu’on s'emmerde autant que moi, eh bien la psychose c'est sympa, on vit comme une réalité parallèle ou alors on arrive à mélanger la réalité de tous les jours avec un fantasme tout à fait «réel». L'année passée, comme vous pouvez le lire sur ce site, j'étais le pape him-self, aucun doute là-dessus, il ne me manquait plus que le tampon du Vatican et c'était réglé, un détail ! Mais en dernière minute, les cardinaux ont foiré l’histoire dans la Sixtine pour mettre Léon à la place ! Actuellement, je m'emmerde tellement que hier j'ai dit à Véra qu'il fallait que je me trouve un nouveau délire pour faire passer le temps. J’ai aussi lu que les bipolaires de type 1 ont une espérance de vie de 38 ans, j'en suis à 54, j'aurai dû mourir en 2008 au lieu d'aller à Lourdes comme un abruti, et on n'en parlerai déjà plus !
Enfin bref, je n’ai même plus envie d’écrire cette chronique, donc je laisse en l’état, salut.
15.08.24
La visite de Samuel a bousillé toute ma petite routine qui consistait à me lever le matin, fumer un cigare en méditant, bronzer recto-verso contre le psoriasis en priant le chapelet, aller manger chez Vera, faire la sieste, trouver un truc à faire pour terminer mon après-midi, retourner manger chez Vera, faire un brin de causette avec Lia, et rentrer chez moi écrire mes histoires sur ce site.
Donc de tout ça, il ne reste rien, si ce n’est aller manger, mais pour le reste, je suis l’exemple de Lia, et si Vera me demande ce que j’ai fait pendant la journée, je lui répond : «La même chose que Lia»… (plus résumé que ça c’est difficile à faire)
Mais putain, je me demande bien ce que je fais ici ? J’ai vécu une nuit d’agonie, comme ma grand-maman Théotiste qui elle, est morte pour de vrai, mais disons que la mienne a été celle du 24 au 25 décembre 2023, parce que je savais que le lendemain, j’allais devoir quitter tout ce qui donnait un sens à ma vie. J’ai été éduqué pour m’occuper des autres, que ce soit de mes 5 petits frères, des misérables à Calcutta, des pauvres au Brésil, ou de ma famille de 4 enfants en Suisse. Le 25 décembre 2023, tout cet édifice s’est effondré, alors avant l’effondrement, j’ai vécu une nuit d’agonie dans mon lit, porte ouverte pour écouter la fête de Noël qui se déroulait au rez-de-chaussée, l’hystérie du déballage des cadeaux, un Noël que j’ai passé à prier pour que quelqu’un se pose la question si je n’avais pas besoin de quelque chose, parce que j’avais besoin d’un verre d’eau. Mais personne n’est venu. Donc je suis resté alité, les boyaux tordus par l’angoisse, incapable de déambuler, et cette soif...
Ensuite j’ai quitté mon foyer, ma famille, ma progéniture pour une caravane que j’ai installé à proximité de la maison pour voir si je pouvais encore être utile à quoique ce soit… Après 3 mois, j’ai compris que je n’étais plus utile à personne à part pour les sous, alors je suis parti en France, mais ma femme m’avait devancé pour que le prêtre qui nous avait fait nous rencontrer et marié ne m'aide en aucune manière. Il a très bien fait ça, alors je suis rentré en Suisse après 2 mois à attendre sur son secours qui n'est pas venu, mais le 6 juin 2024, mon frangin m’apprend une nouvelle extra-ordinaire.
Juste un prénom, aucune idée de son nom de famille, mais quand, 30 ans après mon mariage, mon frangin me dit que ma femme se ballade avec la photo de la tombe du gaillard dans sa poche, je tilte, … enfin non, je ne tilte pas tout à fait, mais je comprends qu'il y a eu un sacré problème dans notre histoire d'amour. Elle m’avait juré être la sainte vierge, et au final, ce n’était ni la sainte vierge, ni une salope qui avait fait les 400 coups avant de tomber sur un type fiable, mais une veuve, le pire cas de figure que j’aurai pu imaginer.
Mais je suis tellement fatigué…
NB, … ... pffff, trop fatigué...
Cette combine de Roman mérite quand-même une petite explication puisqu’il est à l’origine du bannissement de ma maison ainsi que de mon exil en Amérique du Sud. Sans lui ni la photo de sa tombe dans la poche de ma femme le 6 juin 2024, eh bien il n’y aurait pas eu de baffe le 8 juin 2024. Enfin, je ne sais pas, mais il me semble qu'après 30 ans de mariage, personne ne se ballade avec la photo de la tombe de son amoureux précédent dans la poche, ... enfin, je dis ça je dis rien, j'ai jamais eu d'amoureuse.
Est-ce que je regrette ou pas cette baffe ? Mon seul mouvement d’humeur physique de ma vie d’adulte ? Franchement, si je ne l’avais pas donnée, je serai resté eunuque jusqu’à la fin de mes jours, donc non, je ne regrette pas et elle non plus j’imagine. Parce que le lundi qui a suivi, ça lui a donné matière pour lancer deux plaintes contre moi, une civile (qui a provoqué le bannissement de ma propre maison), et une pénale (qui a provoqué un casier judiciaire qui prendra fin le 23 juin 2027). Si on rajoute à ça les deux bagnoles de flic au camping un samedi après-midi de juin, des milliers de francs de dépends, d’amende, des jours de prison (que j’ai pu convertir en jours-amende), et tout un tas d'autre tracasseries, la baffe en valait quand-même la peine, déjà juste pour mon amour propre !
Alors bien sûr, personne ne subit tout ça pour une gifle surtout pas un type qui a un dossier psychiatrique de 10 centimètres d'épais, déjà parce qu'une gifle c’est une voie de fait. Mais pour faire bonne mesure, par dessus la gifle, elle a inventé tout un tas de calomnies que le procureur a pris au pied de la lettre, sans tenir compte du témoignage de mon fils qui avait assisté à toute la scène. Enfin bref, si le doute profitait à l'accusé, ce ne serai pas du jeu. En fin de compte j’ai fait recours mais la juge m’a dit que sans plainte pour «dénonciation calomnieuse», elle allait aussi me condamner, et comme je ne dépose pas des plaintes contre les gens de ma famille, j’en ai été quitte pour prendre le maximum, dossier médical ou pas, la justice a été fidèle à elle-même : forte avec les faibles et faible avec les forts.
Mais j’avais dis à la juge du recours que je m'en foutais des frais ou d'une condamnation plus lourde, tout ce qui m'intéressait c'était de savoir la durée qu'allait perdurer mon exil qui a directement à voir avec mon casier judiciaire. Parce qu'avec le casier que m'avait fait ce couillon de procureur, je ne peux vivre qu'illégalement au Brésil, tandis que sans casier je peux faire une demande de résidence que je suis certain d'obtenir parce que je remplis tous les critères. Elle a regardé et m'a dit que l'inscription au casier judiciaire serait de 2 ans, donc si j'acceptais la condamnation du procureur du 23 juin 2025, le 23 juin 2027 je n'aurai plus de casier. Tandis que si elle devait condamner, eh bien on était parti pour deux ans supplémentaires à partir de la date de la condamnation, donc sûrement janvier 2028...
Donc j'ai retiré mon recours, j'ai converti mes deux jours de prison en jours amende, et me suis barré de là, ...que vogue la galère ! Ce qui me troue le cul, c'est que je connais un paquet de types bien moins atteint que moi et qui font toutes les conneries qui leur passe par la tête, et ils s'en foutent puisqu'ils sont jugés irresponsables, mais moi non, une baffe en 30 ans de mariage => Bannissement de mon logement suivi de 2 ans d'exil sans compter quelques milliers de francs de la juge et du procureur, de l'avocat de ma femme, de dépens et de justice ! Et je peux vous garantir que des histoires de bipolaires, j’en connais un paquet : agression sur du personnel soignant / bousillé toutes les vitrines et vitres des voitures de la rue avec une clef à molette de 50 centimètres, le type est allé voir les flics goguenard : «ils ne peuvent rien contre moi, je suis irresponsable !» qu’il me dit en rigolant, un autre qui fout le feu à sa chambre d’hôpital parce qu’il avait averti qu’à la prochaine piqûre, il foutait le feu à la chambre, donc il a allumé le matelas, grosse fumée noire qui sortait de sa fenêtre, et le type tordu de rire… Ben oui, il les avait prévenus de ne plus piquer et ils ont recommencé...
Alors pourquoi je reviens sur cette histoire ? Eh bien parce que ce type-là, ce Roman, un macchabée mort et enterré depuis 35 ans ça a l'air plutôt inoffensif dit comme ça, mais si on peut lutter contre un fantôme de 20 ans lorsqu'on a 30 ou 40 ans, eh bien à 50 et avec un début de calvitie et d'embompoint, on ne peut plus rivaliser. En fin de compte, vivant il n'aurait pas été un problème, mais mort il a réussi à casser un mariage de 30 ans, déchiré toute une famille sur 3 générations, me faire bannir de ma propre maison et me jeter en exil. Oui, parce que lorsque le frangin me dit que ma femme se baladait avec la photo de la tombe du bonhomme dans sa poche, eh bien il se passe ce qu’il se passe, je vais la voir en espérant encore que «Roman» soit un prénom générique pour signifier quelque chose comme «Légions», et là elle me dit que non non, c’était son grand amour, le seul, le vrai, le king, et donc je lui fout la baffe. Alors de se rendre compte qu'on a été qu'un second couteau, une roue de secours, eh bien ça vaut une bonne baffe, non ?
Ceci dit, si le type est bel et bien mort depuis 35 ans, je ne connaîs même pas les causes du décès. Il y a 30 ans, quand ma femme m’a annoncé son existence et qu'il est mort d’un cancer, tandis qu'il y a 2 ans elle a dit à ma fille qu’il était mort à la suite d’une infection qui s’était généralisée parce que ses parents étaient des sortes de naturalistes contre les médicaments, genre new-age derrière le rideau de fer avant même l’invention du new-age…? Moi, ce que j'en pense, c'est que le type s’est suicidé, parce qu’un type de moins de 20 ans a trois fois plus de chances de mourir d’un accident ou d’un suicide que d’une maladie, donc si ma femme a quelque chose à voir avec le suicide, je peux bien comprendre qu'il vaut mieux inventer une maladie, quitte à s'emmêler les pinceaux sur la maladie en question au fil des décennies qui passent, les souvenirs des mensonges ne restent jamais figés dans le temps. Et puis un accident, c'est compliqué, il faut expliquer des circonstances, et ça empêche de dire qu'on a péché par charité chrétienne pour accomplir sa dernière volonté avant le trépas.
Putain j’en peux plus, il faut que j’augmente mes doses de Surmontil, impossible de me rationner là-dessus si je ne veux pas finir comme un bon copain patient, qui était plus en forme que moi à mon âge et qui a à peine 4 ans de plus que moi (je mentionne puisque tout le monde dit que la maladie s'agrave avec l'âge), bipolaire aussi, et voilà comment je l'ai retrouvé l'année passée, dans ma chambre, il passait 23 heures sur 24 comme ça :
M’enfin, pour revenir à nos moutons et terminer cette histoire, eh bien ce Roman, disons-le franchement, si le «king» est au Paradis et que j’y arrive aussi, je demande direct à changer d’étage, ou au moins qu’on tire au sort sur celui qui doit descendre et celui qui doit rester. Le type a bousillé toute ma vie terrestre de famille, je ne vais pas en plus me le coltiner pendant l’éternité, sauf s’il y a un paradis réservé pour le peuple élu, ce qui serait quand-même la moindre des choses. Mais bon, vu le tableau : un type qui ne semble pas avoir fait grand chose de bon durant sa vie, un hébreux libidineux, je suis assez confiant sur son sort, et si ma femme le rejoint, ça fera une belle paire d’amants maudits qui rôdent par les enfers.
Voilà le mal que ça fait le mensonge : une famille massacrée, un exil 35 ans après la mort du gaillard, et la photo de la tombe du vrai king dans la poche de ma femme ! Je l’appelle «le king», parce que je croyais l’être moi-même, mais la publicité était mensongère, ce n'est que 2 ans après le mariage qu'elle m’annonce que ben finalement non, elle a trafiqué le compteur kilométrique qu’elle a remis à zéro, donc que le king c’est pas moi, c’est lui. Enfin bref, je suis fatigué, mais je vais quand-même vous dévoiler une partie de la prière que je fais le soir : «Seigneur Jésus, faite que je n’ai pas à me coltiner ce Roman dans l’éternité, je te fais confiance pour me placer là où il n’est pas, peu importe l’endroit».
…………….
J’arrive plus en avant, je reste ici des jours, et des jours, et des jours, sans aucune perspective d’avenir, en me disant que chaque jour de plus est un jour inutile et grignoté sur la mort, qui elle, ne vient pas. Alexandre le Grand a fait 32 ans, Jésus 33, Raphaël 38, et moi j’en arrive à l’âge de Christophe Colomb, 54 ans, j’espère que ça ne va pas durer plus loin que ça, je ne vois pas ce que je pourrai bien apporter de plus que lui au sort de l’humanité.
Mais j’ai appris un truc quand Samuel était encore ici et qu’il allait partir. J’ai vécu une journée avec les boyaux tordus, mal foutu, je croyais que j’étais malade. Le lendemain pareil, mais je me suis souvenu du vieux chinois qui disait que ceux qui vivent dans le passé vivent dans la déprime, ceux qui vivent dans le futur vivent dans l’angoisse, et ceux qui vivent dans le présent vivent dans la paix, et ça m’a aidé, mais pour que ça aide, il faut vraiment laisser infuser profondément. Moi je voyais le départ de Samuel et la fin brutale et prochaine de mon médicament principal qui me faisait le plus de bien, et donc le futur = l’angoisse, parce que c’est un médicament qui n’existe qu’en Suisse. Mais en faisant abstraction de ça, je suis revenu à la normale… jusqu’à ce que je n’ai réellement plus eu le médicament, et là il a fallut aller visiter un docteur pour voir s'il pouvait me trouver un remplaçant à la Distraneurin, qui n’existe qu’en Suisse (ce n’est pas l’antidépresseur Surmontil). J’ai fait passer ça comme un médicament contre l’insomnie et l’anxiété, surtout pas un mot sur la bipolarité, parce qu’il n’y a pas de secret médical par ici et que la docteure est la grande sœur de ma dentiste.
Bon, je raconte un autre jour, trop crevé...
Avant, j’écrivais tout ça en une soirée, là il me faut 10 bons jours. Enfin bref, pour ce qui est de la docteure, et malgré le fait que je ne raconte rien du tout, me cantonnant à mes histoires d’insomnies et d’anxiétés, elle est hyper perspicace et me demande assez rapidement si je connais les troubles bipolaires ?
- Oui, il me semble que j'en ai déjà entendu parler, ça à quoi à voir avec mon problème ?
Et là elle me sort les 3 questions qui définissent à coup sûr un bipolaire, meilleure qu'un toubib Suisse qui ne pose en général que des questions générique de merde, et pour faire bonne mesure, elle rajoute une quatrième question que je n’ai jamais entendu de quelque psychiatre ou psychologue que ce soit..., et la bonne femme c’est une généraliste :
1) Comment vous gérez votre sexualité ? Les personnes atteintes de bipolarité ont de grands appétits sexuels.
- Bah, vous savez, je me suis marié avec ma première petite copine, 30 ans de mariage fidèle, et ça fait 3 ans que je ne touche plus le puck, me semble que ça va de ce côté là !
2) Comment vous gérez vos finances, y a-t-il eu des dépenses extravagantes qui vous ont mis en mauvaise posture, dans des dettes ?
- Non non, rien de ça, j’aime bien les belles choses, je me suis acheté une jolie voiture, mais rien de bien extravagant, c’est pas une Ferrari c'est une Mercedes.
3) Vous avez déjà vécu des épisodes de déprime très marqués ?
- Oui, après avoir quitté Riacho Fundo, lorsque j’étais en Argentine en 1993 et après la séparation d’avec ma femme durant l’année 2024 (genre de truc qui arrivent même aux gens normaux).
4) Et en bonus : "Est-ce que vous êtes capable d'ingérer de grandes quantité d'alcool sans être complètement ivre ?"
Bon, alors là non, je ne lui ai pas parlé des deux bouteilles de Whisky que j'avais bu un soir entre 17h00 et 04h00 du matin parce que je savais que j'allais le lendemain à l'hôpital, ils m'ont fait l’alcootest quand je suis arrivé vers 10h00, et j'en étais à seulement à 0,7 pour mille, après avoir ingéré 2 bouteilles d'alcool fort et plusieurs bières, test fait 6 heures après avoir rincé la seconde bouteille, je m'étais dit que je métabolisais vachement bien le produit... Donc là non, j'ai répondu à la docteure que bien sûr, si je bois beaucoup, eh bien je suis saoul, comme tout le monde !
Alors pfiuuuuu, j’ai pu tout nier sans trop mentir, mais j’ai senti passer le vent du boulet ! Ceci dit, voilà la situation : je ne peux parler à personne de cette histoire, donc aucun soutient à attendre de ce côté là, et je traîne mes journées comme des sacs de pierraille, ça fait des jours que j’ai la diarrhée, aujourd’hui, je ne suis quasi pas sorti de mon lit à cause de mon mal de ventre qui se transforme en un mal-être total, Vera est venue m’apporter les médicaments que j'avais commandé à la pharmacie. Alors oui, le système est chouette parce que quand la pharmacie fourni tout ce que je veux, eh bien je peux éviter la case "docteur", et là, pour y avoir mis les pieds une seule fois, j'ai vu que j'avais quasiment été grillé, donc à éviter comme la peste.
Bref, on en reste sur le flou avec la docteure, parce qu'elle ne sait pas ce qu'est la Distranurin et ne connaît pas les molécules qui compose le médicament, donc je m'auto-prescris du Rohypnol et du Temesta en souvenir du bon docteur Rivera, mais malgré qu'internet dit que le Rohypnol est 10 fois plus puissant que le Valium, ça ne marche pas. Donc je laisse tomber et je me démerde avec une sorte de mixture Valium/Temesta/Zolpidem pour le sommeil, c'est pas très efficace mais je m'en sors parce que je suis trop crevé, donc à un moment je lâche et le sommeil vient, même si ça prend toujours une ou deux heures.
Voilà, alors médicalement, il me semble que j’ai rétabli la situation en augmentant mes doses de Surmontil. La dernière fois que j’étais à l’hôpital, ils ont commencé avec 25 mg, puis 50, et déjà là, j’ai dit à la docteure qu’il me semblait que j’étais trop en forme pour rester dans un hôpital. Alors actuellement j’en suis à 200mg par soir, ce qui ne fait pas mes affaire au niveau du rationnement, parce qu’à ce rythme, va falloir que je demande une recharge, et si je la demande ici, tout le monde saura que le Suisse a un méchant problème psychique… Donc pas question d’aller l’acheter chez Vivaldo sans ordonnance, faudra que j’aille consulter dans une ville où je ne suis pas connu et que j’aille dans une pharmacie où personne ne me connait.
Sinon, bien sûr que je pense à la Suisse, mais plus j’y pense, plus je vois ce qu’il va arriver si j’y retourne. Il y aura d’abord ce coup de poker à l’aéroport avec la police fédérale et mes papiers falsifiés, et ensuite, à partir du moment où j’ai mes papiers en Suisse, une montagne de poursuites qui me tomberont dessus, tandis qu’ici je suis à l’abri : l’office des poursuites et faillites ne peux pas poursuivre quelqu’un qui a ses papiers à l’étranger ! Si j'étais en Suisse ils m'auraient déjà saisi la maison. Bon, je n’ai pas vraiment déposé mes papiers à l’étranger, mais au moins je les ai retiré de Suisse, donc administrativement, c'est un peu comme si j'étais apatride, comme Oussama Ben Laden (qui avait sûrement aussi un casier judiciaire), j'ai d'ailleurs rencontré son fiston avant hier, très sympa !
Je ne sais pas trop si je dois poster toutes ces conneries sur ce site, mais bon, ça fait 2 mois que j’ai rien posté, et les curieux ouvrent encore chaque jour ce site dont un fou furieux Serbe m'avait fait l'ossature à l'hôpital il y a un peu plus de 2 ans, et j'y ai écrit ma présentation, il y a aussi l'anniversaire du bannissement de ma maison, donc ça me semble approprié pour clarifier un peu les choses.
Ceci dit, il y a quand-même un truc…, je me lève chaque matin parce que c'est forcé, à un moment ou à un autre, faut bien se lever pour attendre le soir histoire de m’abandonner à nouveau dans les rêves. Ainsi donc, toutes mes journées sont des attentes du soir. J'ai développé une capacité extraordinaire à l'attente, sans rien faire, le regard perdu dans le rien, hagard, ou alors je me tire un café, fume une cigarette ou un cigare, en me disant la même chose que Camus : que Sisyphe avait une vie heureuse ! Enfin, je pense qu'il était heureux de pousser son rocher chaque jour jusqu'au sommet de la montagne pour le voir retomber en bas à chaque fois qu’il y arrivait, redescendre et recommencer sans fin. Parce que c'était le sens de sa vie, une punition des dieux eux-mêmes, et quand c'est les dieux qui disent, eh bien on est sûr du sens de sa vie et il s’acquittait de sa tâche. Moi je pense que les dieux n'en ont rien à cirer, ils ne m'ont donné aucune mission, rien, nada, la vie est totalement absurde. Parfois je me dis que je devrais m'acheter un smartphone, parce que tous ces gens qui s'y plongent en attendant le bus ou dans une sale d'attente, je me dis qu'ils doivent y trouver des trucs super intéressants, mais je sais et je vois que leur vie est aussi absurde que la mienne. Pareil pour ceux qui courent au travail, pourquoi ils le font ? Pour boucler le mois et recommencer le mois prochain, la même chose avec le même objectif, c'est pire que Sisyphe parce que c’est de l'esclavage sans maîtres, ... et puis à la fin, tout le monde fini par mourir, alors pourquoi continuer ? C'est complètement absurde.
Ce que j'en pense, c'est qu'on est venu dans ce monde avec une intention, mais on l'a oubliée lors de notre incarnation, et donc comme Schopenhauer, je vois bien que la vie oscille entre la souffrance et l’ennui, donc tout le jeu est de rester en vie sans faire trop de conneries jusqu'à ce qu'on meurt, rien de plus. L'idéal serait un sommeil duquel on aurait pas besoin de se réveiller au matin, un sommeil qui dure toute la vie... Et puis il y a Lia qui semble contredire ce que je viens d’écrire, parce qu’elle chante souvent un petit refrain qu’elle a inventé toute seule et qui dit exactement ceci : «La lumière m’a envoyé un message qui me dit que David me serait envoyé, elle me dit de prendre bien soin de lui avec amour...».
Alors à priori ça a l’air inoffensif, du genre que j’ai vécu chez eux en 1992-93 et qu’elle espérait mon retour. Le problème, c’est qu’elle chantait déjà ça bien avant 1992 m’a dit Vera, avant que je n’existe chez eux et fasse la moindre apparition… Et des David, à Riacho Fundo, à part la version biblique, ça n’existait tout simplement pas de mémoire d’anciens ! Mystère et boule de gomme...
Alors peut-être que Dieu attend quelque chose de moi, mais s’il veut quelque chose, y’a qu’à demander, je ne vais pas ré-éditer un délire papal qui a complètement foiré ! Cette fois, s’il veut quelque chose, qu’il le dise clairement sinon je ne bouge pas et je continue à faire passer mes journées les unes après les autres...
En attendant, eh bien si je regarde le 5 septembre 2024, il y a pille 2 ans, et le 5 septembre 2026, qu’est-ce que je constate ?
Le 5 septembre 2024 je sortais d'un hôpital public, sans domicile ni caravane, et le 5 septembre 2026 j'ai construit autour de moi un hôpital privé, particulier, à mon seul et unique usage, climatisé, avec toute la déco que je voulais, un lit plus grand et plus confortable qu’un lit d’hôpital, draps, pyjama et robe de chambre en soie (et je peux leur faire de la pub : Villadelmitia, ils ont habillé Roger Federer, excusez du peu !), terrasse à moitié couverte pour le jour, et à moitié découverte pour voir les étoiles la nuit, chaises longues et salon d'extérieur, ce qui change des chaises en plastique de l'osto, moto et voiture pour me balader quand je veux, et j'ai surtout aussi le même pouvoir de prescription qu'un médecin en Suisse. Alors voilà la différence, il y a 2 ans j'étais SDF et aujourd’hui j’ai une structure hospitalière à mon goût et convenance. L’hôpital en Suisse c’était 800 balles par jour et on était 2 par chambre, et si on voulait descendre fumer dans le patio, il fallait tout mettre sous clefs dans l’armoir (PC et tout), s’habiller chaudement, et sortir fumer sur des chaises inconfortables et en grelottant, sans aucune vue, ni des étoiles, ni des montagnes si on se cantonnait au patio. Ici je n’ai rien à mettre sous clef, j’ai des caméras de surveillance, je peux sortir en slip sur ma terrasse à n'importe quelle heure il fait toujours bon, et surtout avec un bon expresso italien (rien à voir avec le café de l’hôpital). J’ai aussi du personnel : une femme de ménage, trois repas par jour (à Malévoz il fallait faire 150 mètres depuis le pavillon jusqu’à la cantine, ici c’est pareil mais j’ai une moto pour les faire), et en guise de personnel médical j’ai Vera. Elle était aide-soignante mais s’est faite virer quand ZéMarc a prit ses fonctions en tant que préfet (elle avait voté pour celui qui a perdu), c’est sa belle-sœur qui a repris le poste (la femme du grand-frère d’Izac). Alors non, elle n’est pas aussi pointue en psychologie que les infirmières suisses, mais la bonne volonté compense largement les compétences.
Alors quoi, … mon hôpital Suisse me coûtait 800 francs par jour, peut-être mille en division privée (et on est encore très loin de mon confort ici), donc 30’000 balles par mois d’hospitalisation ! C’est ce que m’a coûté ma maison avec le terrain et tous mes équipements, et ça fait 15 mois que j’y vis, j'ai donc déjà largement rentabilisée si on regarde de ce point de vue.
Je suis aussi très content de mon dernier achat parce que je n’aime pas tellement faire comme tout le monde. En 15 mois au Brésil, je n’ai vu qu’une seule Mercedes, à Salvador, lorsque j’ai été ramener Samuel à l’aéroport il y a un mois. Je l'ai achetée à Sao Paolo via Edison qui a fait toutes les vérifications avant de payer et la mettre sur un camion qui me l'a emmenée jusqu'ici. Et comme elle est super confortable, on sort assez régulièrement de notre trou. L’autre jour c’était pour aller voir le Bob Marley Brésilien à Paramirim, le lendemain on y est retourné pour profiter du dernier fleuve qui a encore un peu d’eau, j'y ai rencontré le fils Ben Laden, tandis que la semaine passée, j’ai emmené Causette faire des examens médicaux à Macaubas avec Vera et j’ai laissé Vera conduire au retour jusqu’au chef lieu (60km d’asphalte), tandis que pour les 20 derniers kilomètres en terre, j’ai laissé le volant à Causette, ...qui a réussi à shooter un cheval ! Enfin non, elle a freiné, mais le cheval s’est quand-même assis sur le capot, ce qui lui donne une drôle d’allure (au capot), mais Cau, mon garagiste préféré, m'a dit qu'il allait me remettre tout ça à neuf, il vient de faire le service de la voiture, alors même si c’est pas un modèle courant et qu’il doit commander les pièces à Salvador, il est capable de tout faire.
On va aussi bientôt commencer la démolition et la reconstruction de la vieille maison à Vera en centre ville : 5 mètres de trottoir sur 22 mètres de profondeur, et je suis en tractation avec un jeune qui vient de terminer sa formation de pharmacien pour l'embaucher et ainsi me fabriquer ma propre pharmacie, comme ça j’aurai bouclé la boucle.
Alors si ça marche, j'aurai sans doute réussi à être le seul Suisse invalide sans assurance maladie parce que j'en n'ai pas besoin après m'être construit un hôpital privé, 3 repas par jour, une femme de ménage, du personnel de compagnie, et une pharmacie à disposition...Quoique, la pharmacie ferait un peu doublon d'avec celle de mon voisin Vivaldo qui est aussi à ma disposition sans ordonnance, mais bon, une pharmacie ça rapporte, tout le monde bouffe de plus en plus de médicaments, et ça permettrait à Izac de lâcher son job à l'école qu'il déteste.
Mais bon, on ne va pas mettre la charrue avant les bœufs, parce que le jeune pharmacien a envie d'aller habiter à Vittoria da Conquista, une grande ville à 6h d'ici, et là j’ai l’impression que pour la caisse de compensation Suisse, je suis pour ainsi dire : mort. Ils m’ont envoyé des documents en avril s'intitulant : «Preuve de vie», à faire signer par une quelconque autorité…, mais en tant que clandestin, je ne suis sous la gouverne d’aucune autorité, et même si je ne suis sans doute pas le clandestin le plus discrêt du Brésil, j’ai plutôt tendance à fuir les autorités qu’à leur courir derrière. Alors tant pis pour eux, ils vont me bloquer les rentes et j’irai leur faire un coucou à Genève en juin prochain. Si je me présente face d'eux muni de mon passeport, ils ne vont quand-même pas continuer à croire que je suis mort, non ? Normalement, il faut un délai d’un an et un jour de disparition avant de prononcer la mort, et là il me semble qu’on n’y est pas (depuis le 7 décembre 2025)
NB : Il faut quand-même que je rajoute un mot sous cette rubrique écrite sur la durée : Ce Surmontil que j’appelais autrefois "la molécule de la bonne humeur" est bigrement efficace, quelques jours à 200mg, et me voilà déjà entrain d’organiser des sorties au lieu de rester avachi et sans forces sur mon lit, à 300mg par jour je fais le tour de l'Amérique du sud en voiture, et à 400mg, je fais l’Everest !
Bien à vous,
NS do Ouro, le 5 de septembre de l'an 2026 qui suit la naissance de NSJC