Oui, j’ai un peu pleurniché sur le traitement qui m’avait été réservé au niveau de ma famille ou de la santé, mais il ne faut pas oublier les bons côtés d’une vie qui sort totalement de tout ce qui est permis ou interdit dans la plupart des endroits du monde, et lorsque je parle d’endroits du monde, j’y inclus des endroit aussi pourris que l’Inde et toutes ces vieilles civilisations procédurières.
Donc là on va repartir de mon petit texte que j’avais écrit il y 6 ou 7 ans : "Voyage aux frontières de la civilisation", parce que dans le coin où je vis, on est exactement à la frontière.
Comme je l’ai écrit dans ce texte, l’Amérique du Sud n’a pas de culture à part celles agricoles, ce qui fait bien mon affaire, contrairement à l’Inde qui a adopté des procédures anglaises, mais Dieu en préserve, rien de cela par ici.
En plus de ça, parce que là je parle tout de même du Brésil en général jusqu'à la police fédérale de l’aéroport de Salvador qui ne fait pas la différence entre un permis de résidence et un reçu électronique d’une certaine somme d’argent censée me permettre de rester à demeure dans le pays sans payer un kopeck d’impôt, je veux parler de mon bled de 3000 âmes, NS do Ouro. Parce qu’ici on est dans une espèce de cas d’école qui sort de toutes infrastructures : Il y a 4 villes plus ou moins importantes, disons de 20’000 habitants au moins, tout autour de nous : au nord, au sud, à l’est et à l’ouest, qui sont reliée au réseau brésilien par l’asphalte, mais l’asphalte s’arrête justement à ces 4 villes. Nous on est en plein milieu, avec 4 routes en terre qui rejoignent ces 4 villes, on n’y ni municipalité, ni forces de l’ordre, ni administration, ni police, ni d’eau courante, rien. Donc on peut y faire ce qu’on veut tant que ça n’incommode personne, et si ça incommode, on règle le problème entre nous.
Il y a la police militaire qui vient chaque dimanche manger à la rôtisserie locale. C’est des gens qui se baladent avec de grandes Ford marron, style tenue de camouflage, ils font un tour de la ville, puis s’arrêtent à la rôtisserie locale pour manger (tous les dimanche à heure fixe), ils rentrent à 4 dans la rôtisserie armés comme s’ils allaient envahir le Soudan, fusils mitrailleurs en bandoulière, colt à la ceinture, ils mangent, refont un tour de la ville, et se replient au chef lieu à 20 kilomètres d’ici. Je suis obligé de le mentionner parce que c’est la seule trace qui laisse à penser que notre bled est sous une quelconque juridiction, genre juridiction étrangère (un peu comme les bases ricaines en Allemagne lorsque j’y allais quand j’étais gamin).
Alors bon, on s’en fout de ces type autant qu’ils s’en foutent de nous, ils ne viennent de toutes façons pas là pour régler des problèmes, mais plutôt pour montrer qu’ils existent quand-même.
Et donc, toutes les lois qui ont court au Brésil ne concernent pas NS do Ouro. S’il faut aller au chef-lieu en moto, il faudra bien sûr emprunter un casque à un voisin qui en a, il faudra que la moto soit immatriculée ou même la voiture, mais dépassé l’asphalte, toutes ces tracasseries n’ont plus lieu, et la limite de l’asphalte est précisément ici, au poste d’essence du préfet qui l’utilise pour blanchir son argent :
A partir de là, plus personne ne met un casque, plus personne n’immatricule sa voiture ou sa moto, plus personne ne s’inquiète de quelque norme fédérale que ce soit, et cela est accepté par la municipalité, parce que tant qu’elle n’est pas foutue de faire arriver une route goudronnée jusque chez nous, eh bien elle n’a rien à dire ! Il faut tout de même dire que le chef lieu va fêter ses 65 ans d'existence, que Paramirim, la grande ville la plus proche vient de fêter ses 148 ans d'existence, donc toutes ces villes sont plus récentes que NS do Ouro qui a été fondée par les chercheurs d'or il y a un peu plus de 200 ans. Donc on fait ce qu'on veut, on est les plus anciens, les lois ne s'appliquent pas :
Et donc la visite de mon fiston Samuel a été je pense une bouffée de liberté pour lui, et une capacité de faire des choses infaisables ailleurs avec lui. En un mois, je lui ai appris à faire du cheval, à faire de la moto, à conduire en voiture, ce qui est impossible ailleurs dans le monde.
Et puis franchement, quand on se ballade en Mercedes blindée, on sait que même si on sort de notre trou, peu importe la vitesse, la police ne contrôlera jamais une Mercedes...


Et les coutumes ancestrales ont toujours court, n'en déplaise au WWF
J’ai dit à l’école devant une foule de gens que pour un Suisse comme moi, la fin de la route goudronnée et la route en terre à partir du poste de gazoline de Zémarc était un charme, parce que plus on avance sur cette route, plus on pense qu’on va arriver au bout de la terre, là où les gens vont pour se jeter dans le vide, … mais qu’à la place du vide, on trouve une ville de 3000 habitants ! Donc le système est assez basique, le Brésil interdit de fumer dans les lieux publics => ça ne nous concerne pas. Le Brésil fixe telle norme de construction ou de conduite => ça ne nous concerne pas non plus, enfin bref, le Brésil fait ce qu’il veut, NS do Ouro s’en fout de toutes ces salades !
Et comme j’ai passé un peu vite, … ou bien plutôt non, je n’ai pas parlé du tout de la visite de mon fiston ici, eh bien je mets quelques photos avec le fiston, parce qu’il y a encore un endroit encore moins concerné que nous par toutes ces conneries bureaucratiques, c’est Riacho Fundo, et là on est dans le très très far-west, very far !
Ici, devant ma chapelle

Dans la maison de Zéca, ou du moins ce qu'il en reste
Dans ma chapelle de Riacho Fundo
Avec Nissim, toujours à Riacho Fundo



Avec Cido, encore à Riacho Fundo
Ici avec Cido et les grands-parents d'Izac qui habitent à Bonjardim, un endroit encore plus perdu que Riacho Fundo
Coupeur de cactus

L'aridité... avant les pluies de novembre :
Et puis le moment de bascule, lorsque j'ai invité toutes les huiles de NS do Ouro manger une grillade chez moi (j'ai même engagé un grilleur pour ne pas être emmerdé avec ça), ici avec Diogène et l'un de ses fils
Son autre fils avec sa copine qui regardait Samuel avec des yeux de chimène...
Bien sûr, ma dentiste
Avec Izac
Moi (quand-même) avec mon voisin le pharmacien Vivaldo et sa femme
Avec Priti (le grand-frère de Cido) et sa femme
Nadim et sa femme
Cido
Pedro, le fils du pharmacien
Liège que je connais de 1992, qui est actuellement directrice de l'école d'état du chef lieu
Analva, une amie depuis 1992 aussi
Bruna, ma femme de ménage et deux de ses filles
O dottore Diogène et toute sa clique
Et bien sûr Vera
Après une soirée pareille, après avoir fait du Michael Jackson, le cow-boy se relâche
Relâche de courte durée, puisqu'il a été propulsé sous les feux des projecteur par Diogène pour interprêter deux fois Michael Jackson et son moon-walk devant toute la population :

Et c'est pas de la rigolade, on voit bien le chapeau voler...


Alors bien sûr, après il fait sa vedette
Bon, moi ça ne me gêne pas vraiment puisqu'au contraire de lui, je cultive la rareté et le mystère, préférant rester inaccessible et caché dans mon ermitage, tout au contraire de Samuel qui ne manquait jamais une occasion de sortie...., ce n'est que lorsque j'ai emmené ma voiture chez le laveur de voiture (intérieur et extérieur pour 40 réais = 7 francs), qu'il était dans l'arrière boutique, et sa femme me voit et elle gueule au type : Hé Miguel, y'a le papa de Samuel qui veut te voir !
Là j'ai compris que Samuel m'avait dépassé en popularité à NS do Ouro, mais ça va bien, c'est ce que j'évite justement...
Allez, encore deux photos du fiston, la première dans le riacho de Riacho Fundo à sec, et où il y aurait de l'or à trouver si on avait un détecteur d'or :
Et au milieu des cactus
Au rio Paramirim

Attention au piranhias :


Mais il n'a pas eu de chance avec les bestioles, il n'en a vu aucune. Par contre, après son départ, j'ai eu droit à un joli spécimen de lézard :

J'ai organisé hier une sortie dans une sorte de club tenu par un couple qui se croit gay, ... alors on peut en penser ce qu'on veut, moi j'y crois pas tant à ces histoires de gays, mais il y a une chose qui est sûre, ceux qui se croient gays ont un sens de l'estétique qui n'existe pas ici (et ça sera la seule photo de plat de tous le site)



NS do Ouro, le 8 de septembre de l'an 2026 qui suit la naissance de NSJC